Le dépouillement terminé, la presse locale n’aura connu le résultat du vote, à Boumerdès que par la voix du ministre de l’Intérieur. On ignore surtout le taux réel de partisans du “oui” et les détails du référendum concernant 4 communes sur 32 dans le département précité.Les citoyens de Boumerdès ont globalement exprimé leur adhésion au projet de charte portant sur la paix et la réconciliation nationale.L’affluence vers les bureaux de vote fut impressionnante notamment à Legata, Benchoud, Keddara et Souk El Had. On y a respectivement enregistré des taux variant entre 81 et 90%.“Il y a eu chez nous une participation massive au vote”, exulte un responsable de l’exécutif communal de Benchoud. Même témoignages à quelques nuances près dans la ville voisine de Dellys. “Pas de temps à perdre en parlotes”, expliquent deux jeunes rencontrés devant un centre de vote jouxtant l’artère principale de cette localité. Ils affirment avoir “déjà mené campagne en tant que membres d’une association estudiantine en faveur de cette charte”. Prié de donner son avis, un notable professera que le clivage ne doit guère s’établir entre partisans et adversaires du “oui” concernant le référendum.“L’essentiel est qu’il y ait chez nous, voyez-vous, une forte participation à l’opération électorale”, ajoutera-t-il. Atmosphère plutôt pesante dans d’autres communes situées sur le versant sud-ouest de Dellys. Les deux centres de vote du chef-lieu de commune de Naciria étaient pratiquement vides, durant toute la journée. Les votants arrivaient au compte-gouttes. Dans l’après-midi on a recensé 20 votants sur plus de 600 inscrits dans un bureau réservé aux femmes. L’atmosphère renvoie à celle des derniers scrutins législatifs et municipaux.Une citoyenne dira qu’il ne faut pas s’attendre à des miracles, après ce référendum. Elle ne rejette pas, loin s’en faut, l’idée de paix. Mais elle estime que celle-ci n’est que l’aboutissement de la lutte antiterroriste. Certaines sources donnent enfin 15% de votants pour Naciria. A Chabet El Ameur et Béni Amrane, municipalités à dominance FFS, le taux de participation n’a guère franchi la barre de 25%. Mais la rue donne également aux citoyens la possibilité de s’exprimer sur la situation du pays. L’on notera, en gros “que la réconciliation nationale ne peut-être concrètement réalisable tant que l’Etat n’éradiquera pas d’urgence les causes de la misère sociale”.D’énormes enjeux séparent, de toute évidence, les sereins et les inquiets pour leur survie, dans l’Algérie d’aujourd’hui. On aura remarqué que les forts taux de participation ont été enregistrés dans les zones reculées fortement soumises aux aléas de l’insécurité.A Keddara, proche de Djebel Bouzezga, toujours en constante ébullition, les citoyens se sont à, titre d’exemple, massivement rendus aux urnes.“Un oui massif lors de ce référendum dans l’esprit d’un mieux-être collectif”, a-t-on analysé.
Salim Haddou
