La campagne de troc entre les commerçants venant des wilayas limitrophes, Sétif, Bordj Bou Arreridj et M’sila, avec des camionnettes chargées de légumes saison qu’ils échangent contre les figues sèches, a bel et bien débuté dans la vallée de la Soummam, une région où rien ne se perd, mais tout se vend ou s’échange.
Des dizaines de voitures immatriculées sillonnent à longueur de journée les routes et les rues des villages proposant des échanges de légumes contre les figues sèches illustrent des échanges importants qui s’opèrent, et les commerçants repartent souvent en fin de journée avec des quantités colossales. Depuis le début du mois en cours, des camionnettes pleines à craquer de piment, poivrons, pomme de terre, oignons, etc. font les tours des villages du doura d’Ath Aidel. Dès le coup de klaxon entendu, enfants, hommes et femmes sortent des maisons avec des récipients pleins de figues sèches et se ruent vers les véhicules. Parfois quand la demande est importante, c’est une foire d’empoigne qui se crée. «N’ayant plus de bétail à qui donner les figues sèches, ces commerçants viennent nous les échanger contre des légumes. Chacun trouve son compte dans ce troc en fin de compte. Eux aussi, ils livrent les figues collectées à une usine de conditionnement située dans leur région. Quant à nous, nous trions d’abord les figues pour dégager le premier choix qui se vend à 400 Da le kilo, et le deuxième choix entre 200 à 300 Da. Le reste, nous l’échangeons contre des légumes», a expliqué un jeune. La vallée de la Soummam est devenue depuis quelques années une région où bon nombre de citoyens des régions limitrophes viennent travailler comme manœuvres, puisatiers ou font des opérations commerciales juteuses, mais gare à l’arnaque dans les achats. «C’est incroyable ce que j’ai décelé chez ces commerçants ambulants qui viennent avec des vêtements ou des produits domestiques dans des charrettes, des couffins ou sur les épaules et qu’ils proposent à 10 fois plus leurs prix réels. L’un d’eux m’avait proposé au départ une Kachabia (burnous en kabyle) à 10 000 Da vantant sa bonne qualité faite soi-disant avec des poils de chameaux. Finalement, après négociation, il a abaissé le prix jusqu’à 1000 Da», fera savoir un autre jeune. Il faut dire aussi que grâce aux collecteurs de déchets ferreux et plastiques venant de ces régions, la vallée de la Soummam est bien nettoyée des déchets de ce genre.
L. Beddar

