Tous les 20 du mois, les retraités pointent au bureau de poste de Aomar, mais assez souvent ils reviennent chez eux bredouilles sans avoir retiré leur argent. Le bureau de poste en question, indépendamment de sa volonté enregistre, comme par hasard, chaque 20 du mois, des aléas, notamment le manque de liquidités, les ruptures de courant et des fréquentes déconnexions qui traînent les opérations de paiement sur plusieurs jours. C’est à l’image du 20 août dernier où les usagers, arrivés des 8 h en déposant leur carte d’identité dans l’ordre pour instaurer un semblant d’ordre, croyant que la prestation allait avoir lieu juste après. L’attente fût très longue, disent ils, quelques uns ont pu retirer leur argent le 21, d’autres le 22 et le 23, mais une grande partie n’a touché son dû que le 24. La prestation n’était guère meilleure le 20 juillet dernier, rapporte t-on, l’attente a fini par fatiguer les vieux sexagénaires, lesquels n’ont trouvé mieux que de s’asseoir à même le sol et attendre que la chaîne bouge. Le bureau de poste, ne disposant d’aucune chaise dans sa salle d’attente, a continué à être bondée de monde jusqu’au 24 juillet. Les habitués du bureau de poste, certes peu dynamiques vu leurs âges, sont par contre de bons observateurs, selon un retraité la poste manque de personnel, puisque même le chef d’agence travaille au guichet, et est dotée d’un vieux matériel informatique. Des moyens humains insuffisants et un matériel dépassé ne permettent pas d’offrir au public un service de qualité. En hiver, en attendant que la prestation débute, les visiteurs prennent place sur le pont du trottoir qui longe la polyclinique et la maison de jeunes, un endroit qui reçoit un doux soleil vers 11 heures.
A. Chérif
