La récolte du raisin de table dans la vallée de la Soummam est tombée dans le creux de la vague cette année.
Le cru de 2011 est deux à trois fois plus cher que celui de 2010, année caractérisée pourtant par une production mi-figue, mi-raisin. Conséquence de cette offre au bas des pâquerettes, accentuée il est vrai par une spéculation outrancière, le kilo de raisin est cédé autour de 150 Da, avec parfois des embardées taquinant la côte démentielle des 200 Da. C’est excessivement cher pour un fruit de saison, à fortiori quand c’est un produit du terroir, d’ordinaire relativement abondant, comme le raisin. Dommage pour beaucoup de familles de devoir se passer d’un fruit aussi succulent, de surcroît calorique et gorgé de vitamines. «La raréfaction du raisin à Bgayet nous contraint d’aller le chercher dans d’autres wilayas, où il est proposé entre 80 et 100 Da le kilo. Ajoutez à cela les frais de déplacement et la marge bénéficiaire et faites vos comptes», nous dira un marchand de fruits et légumes d’Akbou. «Si cette situation n’arrange pas les affaires du consommateur, le commerçant n’y trouve pas son compte, non plus, car un fruit cher est synonyme de mévente et donc, de risque élevé de perte», explique un autre marchand installé à Sidi Aïch. Certains viticulteurs interrogés invoquent une flopée de facteurs pour expliquer pourquoi la production est tombée si bas et les prix pratiqués si exorbitants. «Les giboulées tardives qui se sont abattues vers la mi-juin dans la vallée de la Soummam ont joué un vilain tour pour les baies qui étaient en pleine période de grossissement», affirme un agriculteur d’Amizour qui soutient avoir perdu près de 70 % de sa production. A côté de l’aléa climatique et ses soubresauts comme la chaleur infernale des mois de juillet et août, des pathologies telle celle qui est due au mildiou, en causant des dégâts aux vignobles, ont pesé négativement sur la productivité nous a-t-on indiqué. «Cette maladie cryptogamique causée par un champignon provoque la chute des feuilles puis l’assèchement des grappes. Le mildiou est l’ennemi numéro 1 des viticulteurs qui ne savent pas trop comment s’en débarrasser, en dépit de l’emploi de fongicides», souligne un technicien de l’agriculture.
N. Maouche

