«Nous avons de grandes ambitions pour cette saison»

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Nous avons rencontré le père spirituel du judo béjaoui à El Kseur, Maître Benouaret Sadek, qui nous a parlé du tournoi qu’il prépare pour le début du mois de novembre ainsi que de ses projets personnels.

La Dépêche de Kabylie : Comment s’est déroulée la reprise pour cette saison, après une petite période de récupération ?

Sadek Benouaret : La reprise s’est déroulée dans de très bonnes conditions avec une grande ambition pour cette saison. Compte tenu de l’urgence et la nécessité d’une relève saine, forte et objective, notre association a ouvert grandes ses portes à la petite catégorie, en lui offrant 80 % des moyens dans nous disposons. Je pense qu’il est très urgent de donner beaucoup d’importance et une grande protection aux enfants de moins de 15 ans pour pouvoir espérer des places sur la plus haute marche du podium, et c’est dans cet ordre d’idées que l’USAMK organisera un tournoi du 2 au 5 novembre prochain. Il regroupera les écoles de notre wilaya dans les catégories, benjamins et poussins. Ce tournoi sera enrichi par des débats sur le sport actuel et le sport traditionnel pratiqué par nos aïeux.

Avez-vous sollicité des sponsors pour financer cet évènement ?

Nous ne faisons aujourd’hui que notre devoir envers des enfants qui seront demain les gestionnaires et de hauts cadres. L’Etat dépense de l’argent dans le sport afin que le drapeau algérien flotte un peu partout et plus dans le monde. Je veux juste rappeler à la famille du judo que vouloir c’est pouvoir. En 1981, nous avions organisé avec succès le championnat national de judo sur le terrain du MBB, sachant que nous ne disposons même pas d’un tapis conforme. On s’est débrouillés avec des bâches pour couvrir la surface du stade. En 1982, c’était El Kseur qui a accueilli le championnat national à la salle communale, et ce fut un grand succès malgré le manque de subventions et de sponsors. Nous disposons actuellement de beaucoup de moyens comparativement aux années 80, mais les résultats ne suivent pas toujours. Cette régression est due à plusieurs facteurs, dont le manque de volonté chez les uns et des autres. Nous voulons tous récolter, sans avoirs rien semé alors que dans les arts martiaux, le bricolage n’a pas de place. Je suis de ceux qui disent : facilement ou difficilement, rien n’est impossible. Je n’ai jamais pris une légère montée pour une côte inaccessible. Depuis mon jeune âge, le rêve me taraude l’esprit pour faire quelque chose dans l’intérêt général et donner un plus à mon pays.

Vous avez une volonté de fer pour donner un plus au judo algérien, mais il ne faut pas oublier que vous n’avez plus 20 ans…

Merci beaucoup de me le faire rappeler car la plus part du temps j’oublie ! Pour votre information, ce n’est pas l’âge qui travaille, mais plutôt la volonté qu’on doit primordialement avoir, car le plus important est la considération et la rigueur qu’on doit donner à nos enfants. L’enfant a besoin des séances d’entraînement bien détaillées, complètes et bénéfiques, et ce n’est pas de ma force physique dont l’enfant a besoin, c’est plutôt de mon savoir-faire. J’espère ardemment que cette rencontre d’esprits d’enfants pratiquant le judo, revêt une importance particulière pour notre wilaya, notamment pour la mise en valeur des résultats que les anciens ont légué. Mon souhait est que cet le tournoi, qui aura lieu du 2 au 5 novembre prochain, soit couvert et médiatisé par votre journal pour assurer un total succès.

J’espère que les plats traditionnels seront servis durant ce tournoi puisque les sports traditionnels seront à l’ordre du jour pour la comparaison et un rappel de l’importance de ces anciennes pratiques, telles que Tiqar, Imeghtal, Amayaf et autres….

Sans aucun doute. Il y aura même les milles trous (Tibouaâjajines).

Comment aurais-je la force de ne pas parler sur les sports de jadis que j’ai moi-même pratiqués ? Il y aura en parallèle la projection, suivie d’un débat, de mon film documentaire, Tiwizi.

Que fait actuellement Cheikh Saddek à part le judo ?

Le kimono et la plume sont mes deux passions. Je ne peux pas vivre sans le judo et la poésie. Pour votre information, j’ai édité le tome II, enfant du village. Il est en vente depuis 2 mois et je suis sur un autre thème que j’ai intitulé l’Enfant soldat. Il parle d’un jeune algérien de mon village qui rejoint le groupe armé en 1955.

Est-il question de judo dans les deux ouvrages ?

Heureusement ! Sinon je ne vois pas comment aurais-je le courage de porter le kimono. J’ai même rendu hommage à beaucoup d’hommes pour le sport, à l’exemple de Si Ouakli Selmani, Si Abdelhamid Saïdi et autres.

On vous laisse conclure…

Je présente mes remerciements et ma reconnaissance à votre journal, qui me permet à chaque fois de m’exprimer, ainsi qu’à la DJS, l’APW, et notre APC qui font tout pour que notre association soit un réservoir inépuisable pour le judo algérien. Et toute aide sera la bienvenue !

Entretien réalisé par Zahir Hamour

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