Le couscous algérien honoré

Depuis quelques années, le couscous est entré dans la la catégorie des plats internationaux : il n’y a pas de pays où on ne le rencontre pas, et dans certains, comme la France, il passe même pour un plat… national français ! Cette hypothèse a tendance à se répandre en Europe et le couscous figure souvent dans les menues « français »,. Erreur, erreur ! Le couscous est un plat maghrébin. C’est comme le méchoui ou la merguez, une invention berbère. Les Français n’ont fait que l’emprunter. Ils connaissaient même le plat et son nom, dès le 7iéme siècle, puisque Rabelais le cite dans son « Gargantua » : en énumérant les plats auxquels il veut goûter, le célèbre géant évoque le Kouskouson ! l’Espagne, l’Italie, le Portugals, l’Angleterre, connaissaient aussi le couscous. Quant aux Orientaux, ils ont vite fait d’identifier le célèbre plat aux Berbères. On se rappelle la phase par laquelle Ibn Khaldoun définissait les fils ade Mazigh : h’alq al ru’us, labs al barnus wa alksuskus, « Ils se rasent la tête, portent le burnous et mangent le couscous ! » Alors il est inutile de nous enlever la paternité de ce plat fabuleux qui, il faut le dire, fait pleinement partie de notre patrimoine culturel ! Il est vrai que les Maghrébins, dont les Algériens, font peu de publicité à ce produit du terroir : peu d’ouvrages locaux, peu ou pas du tout de manifestations culturelles pour le valoriser. C’est en Italie que se tient la manifestation la plus importante concernant le couscous : le Fest Couscous, organisé par la commune de San Vito Lo Capo, en Sicile et au cours duquel, un prix est attribué pour la meilleure préparation. Et, cette année, il faut s’en réjouir, le prix a été emporté par des Algériens, qui ont ainsi raflé la mise aux Tunisiens et aux Marocains, qui passent pour des spécialistes du couscous. C’est peut-être le début d’une revalorisation.

S. Aït Larba