Pour la première journée de l’Aid, et à l’instar de beaucoup de régions du centre, les cumulus de la veille se sont vite transformés en gros nuages empêchant ainsi le soleil d’agrémenter de ses rais l’ambiance festive. Ainsi donc, le rituel abrahamique, ce moment crucial de la fête, se fera sous une pluie battante et sporadique qui durera quasiment toute la journée. Ce qui n’est pas pour faciliter le dépeçage et nettoyage des tripes du mouton sacrifié. Le » sacrifice » est encore plus compliqué dans les cités populaires dépourvues d’espaces adéquats pour ce faire, à l’image de L’Ecotec et de la cité 120. Cela étant, bonnes ou mauvaises, le mouton dépecé et nettoyé finira désossé.
Seulement, des foyers se passeront, malgré eux, de ce rituel. En effet, à 30.000 dinars la bête très moyenne, et sachant que ce prix mettait en péril leurs mensualités, déjà réduites en peau de chagrin par la rentrée scolaire, des pères de familles ont passé outre le sacrifice du mouton.
Le prix affiché par le tout nouveau hypermarché de Bouira (27. 400 dinars le mouton sur pieds) ne changera rien à la difficulté d’exaucer le bonheur des enfants. Les plus optimistes parmi ces pères ne lâcheront pas prise : dans l’espoir de voir le prix de la bête revu à la baisse, la dernière minute, ils traqueront les » marchés à bestiaux » improvisés ça et là pour la circonstance, jusqu’au dernier moment. Rien à faire. Les prix ne descendront pas en deçà des 30.000 dinars. De guerre lasse et à contre cœur, ils se passeront du mouton sur pieds. Ils se rabattront sur le mouton dépecé. Ce dernier n’atteindra pas les 30.000 dinars mais il n’est tout de même pas donné à 995 dinars le kilo. Des pères de familles avertis, comme c’est le cas de Hafidh de la commune d’El Esnam, prendront les devants et se déplaceront à El Yachir, dans la wilaya de BBA, pour y acheter des moutons dépecés et cédés à 600 dinars le kilo. Ainsi, un mouton pesant 20 kilogrammes est payé 12 000 dinars. On est loin des 30 000 dinars pour un mouton, au final, moins consistant. Seulement, c’est la bête sur pieds qui fait le bonheur des enfants. Et hélas, pour la première journée de l’Aid, des enfants seront frustrés de ne pas avoir la bête. Le soleil qui sera au rendez-vous la deuxième journée leur fera oublier le mouton et vont se pavaner dans leurs habits flambants neufs
S.O.A
