Inauguration d’une nouvelle mosquée

l Une nouvelle mosquée a été inaugurée au village Ait Salah dans la commune de Bouzeguéne, la semaine dernière. Il s’agit de la deuxième mosquée du village. C’est donc, sous l’égide du comité et de l’association religieuse du village et en présence des autorités locales, du directeur des affaires religieuses de la wilaya, ainsi que du responsable de l’association nationale des zaouias que l’inauguration officielle a eu lieu. Le projet en question a vu le début de ses travaux en 1986, financé dans sa totalité par les dons des villageois, son coût est estimé à plus d’un milliard de centimes. L’infrastructure compte en son sein une bibliothèque, une salle de lecture et des sanitaires au rez-de-chaussée, ainsi qu’une salle de prières au premier étage. Un flux de villageois a été remarqué durant toute la journée. Une journée mémorable qui restera gravée dans la mémoire collective. Les uns pour faire des dons, les autres pour prendre les repas collectifs traditionnels par cette réalisation, les habitants d’Ait Salah ont tenu à rendre hommage à l’un des saints qui a marqué l’histoire de leur localité depuis des générations puisque c’est à la place du mausolée de Sidi Makhlouf que la mosquée a été bâtie. Ce saint, auquel les villageois s’identifient est considéré comme un protecteur depuis son enterrement au sud du village. « C’est lui qui leur a demandé de l’enterrer là où ils sentent le danger », nous dit-on. L’histoire du village s’est transmise à travers les générations. Selon les habitants, le village est entouré par trois mausolées des trois saints protecteurs, Sidi Amar à l’est, Sidi Belkacem au nord et Sidi Makhlouf au sud. Ainsi une ceinture a été formée autour du village pour rassurer ses habitants. Ces saints, qui veillent sur le village, y jouissent toujours d’un grand respect de la part les villageois. Un lien affectif et un sentiment de reconnaissance sont tissés entre eux depuis des siècles. Ainsi des coutumes et traditions restent toujours en vigueur en signe de la continuité et de l’immortalité de ces personnages, dans le cœur des habitants d’Ait Salah, entre autres traditions, faire passer les enfants circoncis par Sidi Makhlouf, la prière des pèlerins dans ces lieux avant de regagner leurs domiciles, ainsi que l’hospitalité envers les passants qui y élisent domicile. Les réfugiés dans ces lieux, certains pour des semaines, d’autres pour des mois voire des année, ne manquent de rien, nous dit-on au village. Pour les avoir protégé, Sidi Amar, Sidi Belkacem et Sidi Makhlouf restent toujours vivants chez les Ait Salah.

N. Boukella