Créé en 1990 par l’association d’aide aux inadaptés mentaux, sur initiative des parents de ces enfants, le centre psychopédagogique de Boghni accuse un manque flagrant en moyens et en commodités, compromettant ainsi une bonne prise en charge des quatre-vingts élèves, qu’il a accueillis pour cette rentrée 2011.
Venant de Boghni mais aussi des communes et daïras limitrophes, ces inadaptés mentaux, dont l’âge varie entre 6 et plus de 30 ans, souffrent de différentes pathologies, dont l’épilepsie, l’IMC (incapacité motrice et cérébrale) ou encore la trisomie. L’établissement manque en fait de tout : de mobilier, d’équipement, de fournitures de bureau, d’infirmerie et d’ambulance, entre autres besoins de première nécessité. «Par manque de moyens de transport pour l’accompagnement des malades, nous sommes contraints de sortir dans la rue et faire du stop, pour évacuer parfois jusqu’à deux malades par jour, notamment ceux atteints de pathologies épileptiques», souligne M. Djaroun Ahcène, le directeur du centre, qui déplore également l’état de la cour, toute cabossée, et qui se transforme en gadoue marécageuse dès les premières pluies. Le directeur déplore qu’elle n’ait pas bénéficié d’un aménagement, au même titre que toutes les écoles de la wilaya. «Afin de permettre à nos élèves de l’utiliser, elle doit être bitumée et dotée d’une aire de jeu. Ce qui n’est pas le cas à ce jour. De même qu’une salle de psychomotricité pour la rééducation éducative est primordiale pour un établissement de ce type», déplore-t-il. Pour tout budget de fonctionnement, le centre ne reçoit que 314 Da octroyés par ses partenaires officiels (Cnas et Csnos), par malade et par jour, pour couvrir tous les frais, dont la restauration, la formation du personnel et leurs salaires. Une somme jugée dérisoire pour subvenir aux multiples besoins du centre psychopédagogique de Boghni, le seul du genre dans tout le sud de la wilaya. Outre le directeur, l’établissement compte 10 permanents : deux agents administratifs, six éducatrices pédagogiques spécialisées et deux cliniciennes. Toutes ces lacunes, notamment celle de l’absence d’une ambulance, se répercutent sur les parents de ces malades, fragilisés par le faible pouvoir d’achat. Les frais de transport leur reviennent à plus de 5 000 Da par mois, pour permettre à leurs enfants de se rendre au centre, surtout pour ceux habitant d’autres daïras, confie M. Djaroun. Pour rappel, on dénombre quelque 425 centres psychopédagogiques à l’échelle nationale, tous gérés par des associations des parents, dans le cadre de conventions de partenariat avec le ministère de la Solidarité la DAS, la Cnas et la Casnos.
Saliha L.

