Akbou De plus en plus de jeunes sont atteints par cette maladie – Progression alarmante du diabète

«De nos jours, il est très rare de trouver une famille qui ne compte pas un, voire plusieurs diabétiques parmi ses membres.

La maladie est devenue un véritable problème de santé publique, tant elle se dresse sur pratiquement toutes les spécialités médicales, en raison de ses multiples complications et retentissements viscéraux», nous dira un praticien installé au quartier Arafou, dans la ville d’Akbou. Des propos qui illustrent, on ne peut mieux, l’évolution de la maladie qui progresse de manière hallucinante dans la région. En effet, les chiffres obtenus auprès de l’association des diabétiques de la ville font état de pas moins de 2 519 malades, tous sexes et âges confondus. «Pratiquement tous les jours, nous recevons la visite de nouveaux malades, cependant, il y a beaucoup de cas qui ne sont recensés, ni par notre association ni par la maison du diabétique», relève M. Abarour M’barek, le président de l’association des diabétiques, suggérant que les statistiques disponibles recouvrent une réalité tronquée. «Le plus alarmant, poursuit notre interlocuteur, c’est l’incidence de plus en plus marquée de la maladie chez les jeunes». Il en va ainsi, nous explique-t-il, du diabète gras (non insulinodépendant), dont l’occurrence empreinte une courbe ascendante chez la frange juvénile, alors qu’il y a quelques décennies, ce type de diabète n’est diagnostiqué que chez les personnes âgées de 40 ans et plus. Par rapport à l’accès aux soins, les responsables de l’association attestent que les malades sont confrontés au problème lié au non remboursement par la sécurité sociale des consommables. La cherté de certaines spécialités pharmaceutiques est également soulevée, à fortiori, quand le diabétique est affecté par d’autres maladies sous-jacentes telles que l’hypertension artérielle ou une cardiopathie. «Même la carte Chifa qui limite à quatre le nombre de médicaments remboursables pose problème. Le malade est souvent trimbalé entre l’officine pharmaceutique et la CNAS pour pouvoir acquérir ses médicaments», souligne M. Abarour.

«A quoi bon soumettre une ordonnance médicale au contrôle de la CNAS, si l’accord finira de toutes les façons par être accordé ?», s’interroge un diabétique d’Akbou, tout en plaidant pour la suppression de ces procédures «contraignantes et inutiles».

N. Maouche