Seddouk En dépit de la forte demande – La cueillette de la câpre délaissée

Le câprier est une plante qui pousse dans presque tous les pays du pourtour de la Méditerranée.

Des pays comme la France, le Maroc et l’Espagne le cultivent et destinent même une partie de la production pour l’exportation. Il est aussi très répandu dans toutes les régions de la wilaya de Béjaïa, notamment en haute vallée de la Soummam où il pousse naturellement et à l’état sauvage dans des endroits ensoleillés et sur des sols secs et caillouteux à l’instar des oliviers, les figuiers et les caroubiers. Peu de fellahs le cultivent comme tout arbre fruitier et cueille ses fruits pour les vendre. Le câprier produit un bouton floral appelé câpre. Plus ce bouton est petit, plus sa saveur est délicate et son arôme élevé. Les fruits les plus petits sont généralement les plus goûteux, disent les spécialistes en gastronomie. Les câpres servent à assaisonner certains plats culinaires. Ce sont ces petits grains verts que l’on mange dans certains restaurants dans les salades et les pizzas. Durant les années 70 et 80, dans la région de Seddouk, les citoyens cueillaient les câpres qui arrivent à maturité en fin mai. Trois ou quatre revendeurs s’installaient en ville ou dans les champs et revendaient les productions collectées à un grossiste qui venait de Oued Amizour. Dahmane se souvient très bien des années fastes où tout le monde dans son village s’adonnait à la cueillette de la câpre. «On se lève très tôt le matin pour éviter les grandes chaleurs de la mi-journée. Donc dès les premières lueurs du jour, sacs en bandoulière, on prend les chemins des maquis car dans les champs travaillés, les fellahs ne laissent pas pousser le câprier. La cueillette est difficile avec les épines qui égratignent les mains. Mais, on n’a pas le choix. C’est un gagne-pain comme tous les métiers à risques. Vers midi, les productions ramassées étaient vendues à souk Al Abtal chez Da Larbi et Da L3ala, deux revendeurs qui installaient leurs points de vente sous des oliviers ombrageux. Ils vendaient aussi des limonades, du fromage en portions, des boîtes de sardines et du pain. Donc, une partie de l’argent gagné sert à l’achat de casse-croûtes et de la limonade que nous consommons sur place. Nous nous mettons ensuite sous un olivier pour une sieste de quelques heures. Vers 15h, nous reprenions les chemins des champs pour une deuxième cueillette que nous écoulerons le soir chez les mêmes revendeurs en leurs domiciles dans le village», a-t-il expliqué. Ces dernières années, les établissements Khodja, spécialisés dans le conditionnement des produits alimentaires achètent les câpres à un prix très élevé mais cela n’aguiche pas pour autant les citoyens qui ne la collectent plus. Hormis quelques nostalgiques qui la cueillent en petites quantités pour les besoins de la consommation personnelle, d’autres l’achètent dans des boîtes de conserves chez l’épicier du coin ou dans les grandes surfaces. Pour la rendre comme ingrédient majeur dans la cuisine, les câpres doivent être cueillies avant la floraison et confites dans la saumure ou du vinaigre qui leur assure une bonne conservation. Les câpres procurent à l’organisme comme valeur nutritive 200Kcal au 100 g.

L. Beddar