La Dépêche de Kabylie

Précisions d’ »associés minoritaires »

A propos de dissolution du quotidien Le Matin et des dettes auxquelles fait face la société éditrice, je persiste encore à soutenir que celles-ci sont nettement plus élevées que douze milliards huit cents millions de centimes, donc pas tellement loin de vingt milliards de centimes, comme avancé précédemment. Un relevé de compte bancaire débiteur (découvert bancaire et donc dette à rembourser) daté du 18 juillet 2005, un extrait de rôles dressé le 06 août 2005 et un document-analyse du compte de l’entreprise au 31/12/2004 délivré par la société d’impression Simpral, affichent, en effet, un montant total de cent quatre-vingt six millions cinq cent soixante et onze mille cinq cent soixante sept dinars vingt huit centimes ( 186 571 567, 28 DA) comme dettes connues et prouvées par les documents ci-joints et que votre publication est libre de reproduire. Il existe également une dette parafiscale (CNAS) dont j’ignore le montant pour le moment, tout comme l’état de la situation de l’entreprise vis-à-vis de deux autres imprimeries publiques, de l’agence APS et d’éventuelles autres parties créancières. Au final, il se pourrait même que le total des créances détenues sur l’entreprise Le Matin dépasse les vingt milliards de centimes !Qu’elle soit de dix ou vingt milliards de centimes, une dette reste cependant une dette, et ne pas la payer ou tergiverser à la payer ne correspond ni plus ni moins qu’à un état de cessation de paiement devant mener à une mise en faillite que la juridiction compétente qualifiera. Et cela, même si des « associés majoritaires » ont insinué de probantes capacités de paiement « pour peu que le pouvoir cesse le harcèlement.  » Que peut bien signifier une telle assertion sinon que les fonds nécessaires à l’apurement de la dette d’impression existeraient ? Dans ce cas, que n’ont-ils pas servi, en temps utile, à honorer cette échéance pour empêcher l’arrêt de parution et épargner aux employés un renvoi au motif que les caisses de l’entreprise étaient à sec ? L’argument, politique, celui-là, se tiendrait si l’action en justice des employés contre Le Matin, depuis bientôt un an, pouvait aboutir à autre chose qu’à une liquidation judiciaire ; il se tiendrait davantage si le pouvoir qui aurait « ordonné au fisc et à Simpral de mettre à l’arrêt Le Matin » n’aurait subitement plus « le pouvoir » d’actionner ces mêmes leviers en vue d’obtenir, lui aussi, la liquidation judiciaire. Sans parler des « associés minoritaires » qui ne comprennent pas qu’un journal qui vend cent mille exemplaires et une moyenne de dix pages de publicité par jour, puisse ainsi mettre précipitamment la clé sous le paillasson. Ces mêmes associés, faut-il préciser, font face, aujourd’hui, à titre individuel, à un redressement fiscal faramineux qui a entraîné le blocage de leurs comptes bancaires personnels, risquent de voir leurs biens familiaux exposés à une menace de saisie, alors qu’ils n’avaient plus été convoqués à l’AG ordinaire depuis…1999 et encore moins perçu de dividendes. Mais ceci est une autre affaire que je n’étalerai pas ici, ne voulant ni enfoncer ni défendre personne. Loin de moi, donc, la volonté de dépolitiser un problème ou d’en politiser d’autres ; j’avais seulement cru bien faire de défendre l’  » indéfendable » à l’ AG extraordinaire du 10 août 2005 convoquée par un mandataire de justice, expert assermenté, désigné par une ordonnance du 12 juin 2004 du président du tribunal d’Alger suite à une saisine d’associés de la Sarl Le Matin. Lors de cette AG, qui a réuni 43 % de parts sociales, l’idée d’une dissolution anticipée avait été retenue aux lieu et place d’une liquidation judiciaire, mais à présent cette option semble dépassée. Il est entendu, enfin, que par-delà les avis divergents des uns et des autres et surtout cette promptitude de certains au dénigrement, aux contre vérités et à l’insulte dont les effets « hautement productifs » sont maintenant connus de tous, l’arbitrage de la conscience déontologique et éthique de chacun peut s’offrir comme un recours salvateur en vue d’une meilleure appréciation des réalités. Il va de soi que ce devoir d’introspection morale ne dispense personne, moi comme les autres, d’attitude plus prosaïque, comme celle de tout soumettre à la Justice et de la laisser trancher.

Signé : Fodil Mezali pour les « associés  » minoritaires »

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