C’est la plus ancienne cité du chef-lieu communal qui était en fait un centre de regroupement (camp de concentration) où a été parqué le Aârch Imelahen après que leurs 6 villages ne soient rasés par l’armée coloniale et leur région déclarée zone interdite. Bien que les anciennes baraques sommairement aménagées par ces réfugiés soient remplacées pour la plupart par de belles villas, cette cité occupe une surface réduite sans aucune possibilité d’extension du fait que les terrains limitrophes appartiennent aux privés. La démographie galopante aidant, cette cité qui abrite environs 6 000 âmes ressemble à l’heure actuelle à une grenade pleine. Elle prend les formes d’une véritable casbah avec ses longues ruelles étroites et grouillantes de monde. La majorité de ces rues sont si exiguës qu’il est difficile d’entamer un quelconque aménagement, d’où leur état toujours en terre battue. Bien entendu, au niveau de ces ruelles tortueuses qui courent dans tous les sens en véritables sentiers de chèvre, le véhicule qui assure le ramassage d’ordures ne peut pas y accéder, d’où une collecte bâclée qui se fait à la va-vite par l’équipe des éboueurs qui laissent derrière eux une bonne partie de déchets ménagers que le vent se charge d’éparpiller le long de ces voix d’accès. Refusant cette fatalité d’être condamnées à vivre parmi toutes ces ordures et saletés, les femmes, mères de familles pour la plupart, soucieuses de la santé de leurs enfants s’insurgent et prennent les choses en main en consacrant chacune une heure de son temps chaque matin au nettoyage à grandes eaux les seuils des maisons et la partie de la rue y jouxtant. Grâce à ces braves ménagères, cette cité s’est débarrassée de son décor de bidonville et devient habitable, ne serait-ce l’exiguïté et le surpeuplement qui lui donnent l’apparence d’une fourmilière. Il subsiste malheureusement une autre contrainte aux retombées inquiétantes sur la santé des locataires de ces lieux et contre laquelle ni ces courageuses ménagères ni encore moins le reste de la population ne peuvent faire quoi que ce soit, et qui est le taux élevé d’humidité palpable dont les répercussions sont ravageuses par l’apparition de maladies broncho-pulmonaires : asthme, bronchite et même des cas de tuberculose récemment dépistés. Cette inquiétante humidité assez élevée s’explique d’abord par l’emplacement de ce terrain sous forme de cuvette non ensoleillée et mal aérée auquel vient se greffer un taux de pollution non moins élevé avec la proximité de la RN05 et son important trafic routier ajouté à une proche décharge qui bombarde à longueurs de journées cette cité d’odeurs nauséabondes et de fumées asphyxiantes.
O. S.
