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A quand un réseau d’assainissement ?

Les habitants des quelque dix villages appartenant au lotissement de Sidi Yahiya, sis à une dizaine de kilomètres au nord du chef-lieu de daïra d’Aïn Bessem, réclament la réalisation d’un réseau d’assainissement pour leurs foyers, alors que la multiplication des fosses septiques inquiète les villageois, à cause des nombreux risques pour la santé publique. En effet, la majorité des foyers de cette localité frontalière avec la commune de Djebahia, et qui compte près de 1 500 habitants, sont dépourvus de cette commodité vitale. La localité reste parmi les rares villages de la daïra d’Aïn Bessem, ainsi que de toute la wilaya de Bouira, qui sont toujours dépourvus d’un réseau d’assainissement pour les eaux usées. Cette situation est derrière la colère des habitants de ce même lotissement qui se demandent «qu’elles sont les véritables raisons d’une telle discrimination ?», surtout que l’ancien réseau d’assainissement ne couvre que 20 % du chef-lieu de ce lotissement. Selon les habitants, les autorités en charge de ce dossier se sont à plusieurs reprises engagées pour la réalisation d’un réseau d’assainissement qui fera la couverture de tous les villages, malheureusement rien n’a suivi sur le terrain. «Combien de temps devrions-nous encore patienter ? Pour nous, en tout cas, ça commence à devenir un mythe», nous déclare un jeune habitant du village El Guelta. Cette situation est plus qu’inquiétante pour les habitants du lotissement qui parlent «d’une véritable menace de contamination à grande échelle, et de pollution pour les centaines de puits et les terrains agricoles». Les enfants restent la couche la plus exposée aux risques d’épidémies ou de maladies contagieuses, vu que les fosses septiques construites par les riverains se remplissent rapidement et débordent sur les voies publiques, les champs agricoles et même en plein air et peuvent aussitôt atteindre les puits, jusqu’aux rivières de cette région. «Au moment où les habitants des autres villages et localités sont à l’heure de l’Internet et de gaz de ville, nous, nous sommes restés en stand-by», déplore un autre villageois. Pour la majorité des habitants de ce lotissement, ce problème s’ajoute aux nombreux manques et insuffisances, tels que le manque de transport vers le chef-lieu communal, l’absence de gaz de ville et d’éclairage public, l’inexistence d’un lycée ainsi que de lieux de divertissement pour les plus jeunes. Ces insuffisances ont vite transformé le quotidien des citoyens en un véritable calvaire. Ceux-ci continueront à souffrir le martyre en prenant encore leur mal en patience.

O. K.

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