Après avoir interpellé la semaine dernière et pour une dernière fois, les autorités quant à leurs revendications, les parents d’élèves de l’école primaire Khodja Khaled, sise au chef-lieu de wilaya, ont tenu un sit-in, hier au niveau de l’établissement, pour exiger des parties concernées de se pencher sérieusement sur les problèmes qu’ils ont soulevés. Faute de quoi, “il n’y aura pas de rentrée après la fin des vacances du premier trimestre et l’école sera fermée !», déclarent-ils.
En effet, les parents d’élèves, qui disent être » préoccupés et inquiets » de ce qu’endurent leurs enfants, ont voulu par l’action d’hier exprimer leur » déception quant au mutisme des autorités, notamment l’APC et la direction de l’éducation, pourtant saisis à maintes reprises par plusieurs requêtes et ce, depuis 2008 « , des démarches auxquelles les autorités n’ont répondu que par des » promesses restées vaines et non tenues « , selon les membre de l’association des parents d’élèves de l’école.
Ceci n’a fait qu’augmenter la colère de ces derniers les poussant à accuser » de traîtrise » le président de l’APC, ainsi que le directeur de l’éducation. Une accusation visible sur une banderole accrochée au mûr de l’établissement et qui ne peut passer inaperçue par les passants au niveau de la rue qui porte le même nom que l’établissement scolaire. » Ecole sinistrée « , » école orpheline » et » halte aux mensonges « , sont, entre autres, les autres expressions que les parents d’élèves ont mises en exergue sur d’autres banderoles qui ornent tout le long du mur de l’enceinte de l’école. A propos de la réaction des autorités, un de ces derniers nous dira : “Nous dénonçons le mépris et l’ignorance affichés par le président de l’APC, qui n’a même pas daigné se rapprocher de nous afin de savoir ce qui se passe. Il s’est contenté de voir la directrice de l’école pour quelques minutes et de prendre une photo d’une banderole sur laquelle nous l’avons qualifié de traître, au même titre que le directeur de l’éducation. Certainement pour nous intimider, c’est tout ce qui l’a touché mais c’est la réalité», et ce avant qu’un autre n’avance : “Regardez l’espace, soi-disant choisi pour la cantine, c’est devenu une décharge, le mur est fissuré et présente un énorme danger pour nos enfants, si ce n’étaient ces poteaux, il serait tombé sur eux. ” Notons que concernant la cantine, un des membres de l’association des parents d’élèves de ladite école se demande “où est cette cantine promise pour la rentrée scolaire de l’année en cours ? « . Dans le même sillage, un autre ajoute que “le 5 juillet passé et pour faire plaisir au wali, l’APC a ramené des drapeaux. Ils ont exposé le plan d’une cantine, qui n’existe même pas du fait qu’aucune étude n’y a été faite, ce n’était que celle d’une autre école et d’une cantine fantôme”. Soulevant la question du manque d’hygiène, les parents d’élèves affirment que “ce n’est que ce matin, et suite à notre action, que l’APC a envoyé un camion et, de plus, à l’heure de la récréation où la cour est pleine d’élèves, pour faire le nettoyage, alors que c’était nous qui faisions cette tache, ainsi que le désherbage et beaucoup de réparations, du chauffage entre autres. De même, pour ramener une poubelle, il nous a fallu de tant supplier , la moindre des choses pour apprendre les bonnes manières aux enfants,aucune poubelle n’existait si ce n’est nous qui l’avions arracher, c’est grave !” Les parents d’élèves affirment également que » les enseignants n’ont même pas de salle où ils peuvent préparer leur cours, alors qu’un espace est aménagé comme bureau pour un inspecteur de Beni Douala et nous ignorons pourquoi. Cet espace aurait pu servir de salle pour les enseignants ou de bibliothèque pour nos enfants ou autres « .
Les parents menacent de procéder à la fermeture, pure et simple, de l’école, excluant toute reprise “si d’ici la rentrée des vacances du premier trimestre, le projet de la cantine n’est pas entamé” et d’ajouter, “si ce n’était pas la période des compositions que nous ne voulions pas perturber, on aurait procédé à d’autres actions plus radicales”. A titre de rappel, dans leur plate-forme de revendications, les parents d’élèves de l’école primaire Khodja Khaled ont soulevé entre autres, le problème de l’absence de chauffage dans les classes, le projet de la cantine scolaire enterré le chantier de réhabilitation de l’école à l’arrêt, l’insécurité à l’intérieur et aux alentours de l’établissement et le manque d’hygiène. Des problèmes et des revendications auxquels les autorités sollicitées font “la sourde oreille, à ce jour, voulant, comme dit le proverbe, cacher le soleil par un tamis», selon les parents d’élèves.
R. Selmani
