Situé pourtant à 2 km du chef-lieu de la commune d’Ath Leqsar, le village d’Ighil Mhala accuse un énorme retard en matière de développement local.
De par son nombre conséquent d’habitants, ce village est l’un des plus grands dans la commune, pourtant il souffre encore de nombreuses lacunes. L’eau potable, cette matière vitale, est «un luxe dont nous rêvons encore aujourd’hui !», affirme un des habitants rencontré sur place. Le réseau d’AEP du village a été réalisé en 1986, seulement une petite partie d’Ighil Mhala, est alimenté en eau potable. Tandis que certains habitants réclament la réfection du réseau de distribution, d’autres aspirent encore à voir l’eau couler dans les robinets : «Nous continuons comme à d’autres époques révolues à puiser l’eau à partir de nos puits ou l’acheter à des prix exorbitants», déclare Belkacem d’un air agacé. Alors que le projet de gaz naturel dans la commune d’Ath Leqsar, dont les travaux de réalisation sont sur le point d’achèvement, et sur le passage d’Ighil Mhala, «ce n’est pourtant qu’une infime partie qui en bénéficié», nous dira Salah, un habitant du village. Quant à l’autre partie, «elle serait raccordée dans un projet d’extension. Un refrain qu’on chante parfaitement», dira aussi notre interlocuteur. Selon plusieurs habitants, leur village même s’il a bénéficié de différents quotas de l’habitat rural, il demeure en deçà des besoins pressants des habitants. Les élèves du village scolarisés au moyen et au lycée continuent de parcourir aller et retour le chemin à pied. «C’est pareil que se soit en été ou pendant l’hiver, nos enfants font le chemin d’école à pied. Parfois, je suis obligé de retenir mes enfants à la maison le temps que la pluie s’arrête. Ils sont ainsi parfois pénalisés et ratent leurs cours, mais je préfère cette solution plutôt que de les laisser partir voués aux aléas du climat et qu’ils tombent malades», regrette un autre habitant. Quant aux élèves du primaire, ils souffrent des classes surchargées, mais aussi de l’absence de cantine, contraignant les plus éloignés de cet établissement à faire «vite» le va et vient pour prendre leur déjeuner. Les habitants que nous avons rencontrés signalent également que l’éclairage public réalisé depuis seulement deux ans, ne fonctionne plus. «Pendant l’hiver notamment, nous sommes tenus cloîtrés dans nos maisons. Nous ne pouvons même plus nous rendre chez un voisin», dira Smaïl, un autre habitant. Quant aux jeunes du village, ils vivent le calvaire. «Ici, comme ailleurs, le chômage tue ! Le seul endroit où on peut y aller, quand on a quelques sous, c’est la cafétéria du village !», dira Salim, un jeune diplômé et chômeur. Aucune structure sportive ou culturelle n’existe au village.
Réputés comme étant des plus talentueux notamment au football, les nombreux jeunes d’Ighil Mhala réclament, au moins l’aménagement d’un terrain pour pratiquer leur jeu favori.
L. M.

