Elections sans faire de bruit

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Les élections qui devront trancher sur le mode de gestion, centralisé ou décentralisé des fonds des œuvres sociales ont eu lieu, hier, au niveau des différents établissements scolaires du pays. Un événement de taille, pour certain, mais qui est pourtant passé presque inaperçu pour d’autres.

Hier vers 12h30, le directeur de l’école primaire Takoucht Ali, sise au centre ville de Tizi-Ouzou, sollicite les parents accompagnant leurs enfants à sortir, car « c’est l’heure de fermer le portail de l’établissement », leur expliquera-t-il. Les enfants devront, par la suite, se remettre aux examens. Ainsi était la journée consacrée aux élections des commissions qui devront prendre en charge le dossier de la gestion des œuvres sociales. En somme, une journée comme toutes les autres, et aucun signe ne trahit l’organisation d’élections au niveau de l’établissement. C’est d’ailleurs ce que nous a confirmé le directeur de ladite école primaire, M. Ferrad, rencontré sur place. Pour lui, il s’agissait d’une journée ordinaire, avec comme seul nouvel élément, cette séance de  » mise en boite à huit clos ». « Les professeurs se sont présentés aux urnes en début de matinée. Et là nous en avons fini avec cette opération de vote. Il s’agit uniquement d’attendre l’heure fixée par la tutelle pour fermer le bureau accommodé à cet effet, c’est-à-dire 14h ». Il ajoutera par la suite que « loin de toutes nos attentes, la journée était calme, les enseignants se sont présentés comme prévu aux urnes, et tout s’est déroulé dans les meilleures conditions. Et ici, on n’a inscrit aucune présence d’un quelconque observateur, du moins jusqu’à maintenant (début d’après-midi d’hier, Ndlr). J’avoue que moi-même j’en suis surpris. Après que cette histoire ait fait le tour des médias et les multiples réunions entres les syndicats et la tutelle, on s’attendait à une journée chargée ». Par ailleurs, si le directeur de l’établissement Takoucht avoue la complexité du bulletin de vote et l’absence d’informations adéquates sur ce sujet, notre interlocuteur conviendra, par contre, que ces élections peuvent faire la différence, « il s’agit d’une réelle occasion, pour tous les travailleurs du secteur de l’éducation, d’apporter un changement dans la gestion des œuvres sociales.

Ainsi, les travailleurs peuvent aspirer à bénéficier de cet argent qu’on ne cesse de dire qu’il est le leur ». Le bulletin de vote fait, quand à lui, réagir plus d’un, notamment pas sa complexité. « Les choses aurait été moins compliquées si cela avait été fait en deux scrutins, un pour le mode de gestion, un autre pour les listes, si c’est la gestion par commission qui venait à l’emporter », dira un enseignant de Mekla contacté par nos soins. S’expliquant un peu plus loin, il ajoutera que le fait d’ » organiser un référendum un jour de travail, un jour où les élèves de certains établissements sont en plein examen, ce n’est pas vraiment sérieux ». Selon notre interlocuteur, « ils étaient tellement pressés d’en finir avec ce dossier des œuvres sociales, qu’ils ont omis d’élaborer une bonne organisation qui va avec une opération de vote de cette envergure ». Du coté des syndicats, on relève aussi le manque d’organisation, contrairement à ce qui a été prédit par le ministère. C’est le cas notamment pour le Satef. Contacté par nos soins, le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation s’est demandé pourquoi la « tutelle n’a pas procédé à un prélèvement de fonds des œuvres pour une bonne organisation de scrutin », car, signale-t-il, « des échos nous sont parvenus de quelques écoles primaires de Tizi-Ouzou, mais aussi de Béjaïa, où les directeurs n’ont pas perçu des bulletins de participation ». Du coté des premiers concernés par cette action, à savoir les travailleurs du secteur de l’éducation, l’avis est partagé entre la volonté de voir les fonds des œuvres sociales gérés au niveau des établissements, et une gestion par des commission de wilaya et une commission nationale. Suite au scrutin d’hier, la gestion des fonds des oeuvres sociales du secteur de l’Education nationale sera tranchée. Les résultats seront, quant à eux, connus la semaine prochaine.

T. Ch.

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