La Dépêche de Kabylie

Iboudrarène Commémoration du 7e anniversaire de la disparition de Mohia – Sur la tombe du dramaturge…

Il y avait foule, hier à Aït Eurbah, village d’origine de Mohia dans la commune d’Iboudrarène, à l’occasion de la commémoration du 7e anniversaire de la disparition du poète et dramaturge de son vrai nom Mohia Abdellah, qui s’est éteint le 7 décembre 2004 dans un hôpital parisien à l’âge de 54 ans.

Sous un ciel ensoleillé en cette journée pourtant hivernale, le comité du village, à qui revient le mérite de l’organisation de cet hommage «ressuscitant» celui qui a su merveilleusement adapter La jarre, de l’auteur Italien Pirondello devenue Tachvaylith en Kabyle, a accueilli ses hôtes, sous l’égide du Président de l’APC d’Iboudrarène, M. Lakhal Abdeslam, qui a supervisé en personne tous les préparatifs de cet évènement. Venus de toutes les contrées de Tizi-Ouzou, mais aussi d’Alger, de Béjaïa et d’un peu partout, les nombreux visiteurs et «pèlerins» arrivaient par groupes et grappes de personnes dés les premières heures de la journée et ont été émerveillés par l’accueil chaleureux qui leur a été réservé à l’entrée du village, juste à l’endroit où est érigée la fresque dédiée à Muhend U-Yahia et qui a été officiellement inaugurée hier, avec la route qui mène au cimetière familial où repose pour l’éternité Mohia. Sous les chants de Tahya Berzidan, Berouaghia et d’autres chansons de Muhend U-Yahia, interprétées par les chanteurs engagés Idheflawen, Imazighen Imoula, Idir, Malika Domrane, Slimane Chabi et Takfarinas, ainsi que les textes déclamés par l’auteur lui-même diffusés à hautes décibels, la placette du rendez-vous officiel, aménagée sur la RN30, devenait étroite pour contenir cette affluence de plus en plus nombreuse à l’approche de l’heure prévue de l’arrivée de la délégation officielle. Vers 11 heures, celle-ci arriva au village Aït Eurbah. Les habitants, femmes et hommes, ainsi que les responsables locaux, dont le chef de la daïra de Beni Yenni et le P/APC d’Iboudrarène, l’accueillait au milieu d’une pléiade de représentants des comités de villages de la commune, du mouvement associatif et de citoyens anonymes. Conduite par le Directeur de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, M. Ould Ali l’Hadi qui, il faut le souligner, a beaucoup contribué à la réussite de cet évènement et à la confection de la fresque à l’effigie de Mohia qu’il a offert en 2008 pour le village Ath Rbah et à la municipalité d’Iboudrarène en signe de soutien et d’encouragement « pour le travail et les efforts fournis en faveur de notre culture, de notre mémoire collective et du bien être des citoyens», avait-il déclaré à l’époque. Aux côtés du Directeur de la culture, il y avait aussi le Directeur du Théâtre régional de Tizi-Ouzou M. Smaïl Ameyar, Hocine Haroun élu de l’APW de Tizi-Ouzou et non moins artiste peintre, Karim Abranis du mythique groupe Abranis, qui a révolutionné la chanson Kabyle moderne des années 1960 et 1970, la présidente de l’association des filles de Chahid de la wilaya de Tizi-Ouzou et d’autres personnalités et figures du monde artistique et culturel. Avant de rallier la tombe de Muhend U-Yahia pour le rituel de recueillement, les hôtes des Ath Rbah ont procédé à l’inauguration officielle de la fresque et du sentier menant vers sa tombe. Des projets menés par l’APC d’Iboudrarène, dont les responsables ont reçus les félicitations et les encouragements de tous les présents pour la qualité et l’esthétique du travail de l’ouvrage, de même que l’entreprise qui l’a réalisé. Sur la tombe de Mohand U-Yahia, une minute de silence a été observée avant que les différentes délégations ne procèdent aux dépôt des gerbes de fleurs sous les applaudissements et le crépitement des appareils à photos du public et des nombreux journalistes de la presse écrite venus rendre compte de cet évènement. Plusieurs intervenants, dont le directeur de la culture, le P/APC d’Iboudrarène, le chef de la daïra de Beni Yenni, le directeur du théâtre régional de Tizi-Ouzou, Hocine Haroun, Karim Abranis et le frère de Muhend U-Yahia, Mouloud Mohia, ont pris la parole pour donner, chacun à sa façon, un aperçu de ce qu’il connaît de la vie de Mohia ou de son œuvre, mais tous ont souligné «l’importance de vulgariser, de faire connaître et, surtout, de poursuivre l’œuvre de Mohia qui a montré le chemin et la voie pour inscrire notre identité notre langue et notre culture dans l’universalité». Après la cérémonie de recueillement, les hôtes des Ath Rbah ont été conviés à la place principale du village (Tajmaïth) où un repas traditionnel, préparé par les femmes du village dans la pure tradition des anciens, a été servi dans la fraternité et la convivialité. Avant le tomber du rideau de cette journée, un spectacle en plein air a été donné par Sami Allam, acteur de théâtre et de cinéma et réalisateur du documentaire en Tamazight H’nifa, une vie brûlée, qui a joué devant le public local, en majorité féminin, la pièce de Muhend U-Yahia intitulée Urgagh Mmuthegh. Signalons, enfin, que pour la journée d’aujourd’hui, il est prévu également à la place du village, un autre spectacle qui sera donné par l’artiste Saleh Gawa qui va présenter des textes de Mohia sous le thème Saleh Gawa chante et dit Muhend U-Yahia

Nassim Zerouki

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