Situé a mi-chemin entre Zouzamen et Raffour, ce groupe d’habitations dénommé EAC Sahel N°6 est en fait un ancien village socialiste agricole (VSA) réalisé en 1973 durant la mise en application du programme des réformes agraires.
Un village composé au départ de cinq habitations et qui dépassent la quinzaine aujourd’hui, avec un nombre de résidents frôlant les soixante personnes. Bien que ce hameau soit implanté entre deux importantes agglomérations (Raffour et Zouzamen) en périphérie sud du chef-lieu de commune et que ces deux centres cités sont aux dernières retouches des équipements d’accompagnement, cet ex-VSA continue à se débattre dans des contraintes qui portent un coup sévère a son cadre de vie. Des conditions dont les répercutions sur la santé des habitants qui ont commencé à se manifester par l’apparition de plusieurs cas de leishmaniose qui a terrassé plusieurs enfants. Une épidémie provoquée par la proximité d’une alignée de 5 fosses septiques débordantes à moins de 15 m des maisons ajoutées à 2 autres à l’intérieur même des cours individuelles et enfin deux rejets des eaux usées qui apparaissent à la même distance. Le visiteur de passage sera désagréablement surpris d’abord par d’insupportables odeurs nauséabondes et la présence de nuées de mouches et moustiques qui peuplent l’environnement immédiat de cette bourgade perdue au milieu des oliveraies. Il suffirait d’un simple coup d’œil pour remarquer que tous les facteurs imaginables de pollution sont omniprésents en ces lieux : fosses septiques débordantes, amoncellements d’ordures ménagères, rejets des eaux usées, fumier d’animaux, taux d’humidité élevé. Il est même remarqué la présence de meutes de chiens errants en plein centre d’une exploitation agricole. Les représentants de ce hameau affirmeront qu’il aura fallu attendre l’arrivée de l’actuelle assemblée communale de M’Chedallah pour bénéficier d’un raccordement en électricité. Seule commodité opérationnelle jusqu’à présent. L’ancienne conduite d’AEP étant détériorée a été selon nos interlocuteurs, remplacée par un nouveau réseau. Malheureusement, à ce jour il n’a pas été raccordé à la conduite qui est toujours à sec ; quant à ces malheureux, ils s’approvisionnent en eau potable comme au bon vieux temps, à base de jerricans en plastiques ramenées a dos d’ânes. A souligner que cela se passe en…2011 au moment où nos officiels se lancent dans des projets de modernisation. L’unique piste qui relie cette bourgade à la RN26, distante de quelques 400m, n’est ni aménagée ni revêtue, par conséquent elle est impraticable durant la saison humide. Une autre contrainte et pas des moindres est l’absence d’éclairage public, un état de fait qui empêche les résidents de mettre le nez dehors dès le crépuscule en raison de tous les potentiels dangers qui les guettent. Un autre sujet plus sensible et qui nécessite une prise en charge urgente est l’assainissement, sachant que ces citoyens courent le risque d’une nouvelle épidémie à tout moment, alors qu’à moins de 200m existe un réseau d’assainissement qui dessert le quartier nord de Raffour. Il s’agit là d’une situation extrême sur laquelle devraient se pencher les services de prévention et ceux de l’hygiène -sollicités à plusieurs reprises- et ce, dans les meilleurs délais.
Oulaid Soualah
