La Dépêche de Kabylie

Tizi-Ouzou La RN12 fermée deux jours durant – Inconcevable !

C’est un grand ouf de soulagement qu’a dû certainement pousser la population de la wilaya de Tizi-Ouzou, celle notamment de la région Est, en apprenant, hier en fin de journée, que la RN 12, fermée à la circulation depuis lundi par les habitants du bidonville de Oued Aïssi, a été enfin libérée.

Il faut dire que les citoyens des localités d’Azazga, Mekla, Larbaâ Nath Irathen, Fréha et autres Tizi Rached et Timizart, pour ne citer que celles-ci, ont vécu un véritable calvaire, deux jours durant, à cause de ce blocage. Ces villageois ont souffert le martyr pour rejoindre le chef-lieu de la wilaya.

Les automobilistes ont été contraints de faire de grands détours et rallier Tizi via Tala Athmane. Les autres, ont fait plusieurs kilomètres à pied. Cette situation cacophonique a perduré au su et au vu de tout le monde.  » Où est l’Etat ? « , se demandait-on, en effet.

La phrase revenait comme un leitmotiv sur toutes les lèvres des citoyens qui ne savaient plus à quel saint se vouer, si ce n’est de prendre leur mal en patience. En effet, la population s’est sentie comme abandonnée à son triste sort, dans ce sens que les autorités ne sont pas intervenues pour dégager la route.

Une route névralgique, du reste, empruntée par des centaines d’automobilistes et autres voyageurs. Deux jours durant, les pouvoirs publics ont brillé pour leur absence, laissant traîner le pourrissement. Il fallait, en effet, tenter de trouver une solution. Leur mission réside en cela. Cela ne constitue pas une tache ardue, preuve en est qu’il n’a fallu qu’un déplacement du secrétaire général de la wilaya sur les lieux pour que la voie soit dégagée.

Les manifestants, qui ont certainement reçu des engagements quant à la prise en charge de leurs doléances, ont vite fait de libérer la route. C’est dire que même les protestataires ne cherchaient qu’à attirer l’attention de ces mêmes autorités et une oreille attentive avant de surseoir à leur mouvement.

Cela nous amène à dire que quelque part, c’est l’Etat, par le biais ses représentants au niveau local, qui pousse au pourrissement à travers leur fuite en avant et le laisser aller flagrant dans la gestion des affaires sociales. Ce qui s’est passé au niveau de la localité de Oued Aïssi est loin de constituer un cas isolé. Ce n’est certainement pas par hasard que les mouvements de protestation se multiplient à travers la wilaya. Ça devient un moyen pour la population locale pour réclamer ses droits.

D’ailleurs, une autre action similaire est annoncée pour aujourd’hui. Il s’agit des habitants du lotissement Hamdad, au niveau du chef-lieu de la wilaya, qui entendent revenir à la charge en bloquant la route au niveau de la cité universitaire de M’Douha, exactement comme ils l’ont fait la semaine dernière.  » Notre dernier mouvement n’a servi à rien, puisque les autorités n’ont pas répondu favorablement à nos doléances, c’est pour cela que nous avons décidé d’investir, encore une fois, la rue demain « , c’est ce que nous a déclaré un représentant des habitants de ce lotissement.

Un autre exemple donc de  » la nonchalance  » des pouvoirs publics. Une nonchalance dont seuls les citoyens payent les frais quotidiennement.

M. O. B

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