On a beaucoup parlé de timechret, cette tradition ancestrale qui consiste, à l’occasion de cette fête religieuse à sacrifier des bœufs et à organiser des repas collectifs. En fait, ni le sacrifice ni le repas commuaunaire ne sont la fin de cette grande manifestation. Ce qui importe avant tout, c’est la réunion de la communauté villageoise et la conviviabilité qui règne au cours de la fête. La preuve, tout le monde contribue à la collecte des fonds -à l’exception des indigents- et même les gens qui sont à l’extérieur viennent à la fête ! Mais revenons à l’Achoura. Signalons d’abord qu’il s’agit d’une fête du calendrier musulman mais, mis à part le monde chi’ite où elle marque l’assassinat de l’imam Hussein, elle n’est pas fêtée, du moins avec le faste que nous lui connaissons, dans le monde musulman. Le Maghreb y fait exception, sans doute parce que la fête a capté des symboles locaux forts, justement ces valeurs de fratemité et de conviviabilité. C’est le cas aussi du Mouloud, le mawlid annabaoui, anniversaire du Prophète, qui concentre les rites liés à la nativité. Les traditions locales associées à l’Achoura ont aujourd’hui tendance à disparaître : c’est le cas du carnaval, encore vivant en Kabylie il y a quelques décennies où des feux de joie, qui ont encore cours dans quelques régions sahariennes. Comme beaucoup de fêtes coutumières berbères, I’Achoura est associée aux rites de la fécondité, sa particularité, en Kabylie, est d’être également associée à ces repas communautaires qui font la joie des villageois et des citadins qui y sont conviés. Une tradition à maintenir !
S. Aït Larba
