Bouira : Routes bloquées pour un oui, pour un non

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Depuis près d’une semaine, les obstructions de routes font pour l’essentiel, l’actualité de Bouira. Il va sans dire que les motivations justifiant les contestations sont légitimes. Seulement, obstruer la route, la forme de contestation la plus prisée, sanctionne d’abord le citoyen lambda. Et ce réflexe auquel en recourir pour un oui ou pour un non est encore davantage dommageable lorsqu’il cible la RN5 ou l’autoroute Est-Ouest.

Cela s’est encore vérifié hier dans l’après-midi sur la RN 5. En effet, des adolescents refusant que les bus les déposent à la nouvelle gare routière ont tout simplement chargé le bitume de détritus, pierres et autres pneus. Sinon prendre leur mal en patience, les usagers n’avaient d’autres choix que celui de faire marche arrière pour rejoindre l’autoroute. Cette prise en otage de l’automobiliste avait pris des proportions encore plus importantes, avant-hier la soirée, sur l’autoroute Est-Ouest. Piégé sur le bitume, des familles en provenance aussi bien de l’est que de l’ouest du pays ont préféré s’engouffrer au hasard dans des pistes plutôt que d’attendre une hypothétique ouverture de la voie. Ceux qui les automobilistes qui s’en sortiront se retrouveront coincés, dans la localité d’El Esnam où leur calvaire continuera jusqu’à une heure tardive.

Le chef-lieu de wilaya aussi avait enregistré ses “blocages et ses pneus enflammés”. Après les échauffourées du Château, ce seront d’autres quartiers de la ville qui, par un mystérieux effet de contamination, prendront le relais. Et si, s’agissant des contestataires du Château, l’action est plus ou moins justifiée, il n’en sera pas de même dans d’autres quartiers où l’on barre la route et allume son pneu sans aucune lisibilité de la motivation. Quoi qu’il en soit, et même si gloutonnerie oppositionniste ne manquera pas de tout entreprendre pour récupérer et capitaliser la protesta, ces petites révoltes à la gavroche ne semblent pas être charriées par des considérations politiques lorgnant du côté du scrutin à venir.

S. O. A.

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