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Touhami mise sur les routes !

Devant un parterre plein à craquer, composé d’élus locaux, de directeurs de l’exécutif et de députés, le wali de Béjaïa, M. Hamou Amed Touhami, a présenté dans l’après-midi du jeudi dans la salle de délibération de l’APW, le bilan des activités de l’année 2011 et donné les grandes lignes de son programme d’action pour l’année 2012.

S’agissant des projets inscrits au programme de 2012, le premier responsable de la wilaya a déclaré qu’ils sont au nombre de 98 et qu’ils vont nécessiter la bagatelle de 1352 milliards et 750 millions de centimes, auxquels il y a lieu d’ajouter les PCD, d’un montant de 169 milliards de centimes qui seront répartis à travers les 52 communes de la wilaya à raison de deux milliards et demi par commune, avec possibilité d’aller jusqu’à quatre milliards pour celles qui n’ont pas bénéficié auparavant, de PSD importants.

A noter que la part du lion de ce programme de développement de l’année 2012 est revenu aux infrastructures routières, pour un montant 785 milliards de centimes et quatre opérations à réaliser, qui sont les travaux d’élargissement au niveau des gorges de Kherrata sur la RN 9, l’équipement de sécurité des trois tunnels de Melbou, à la limite de la wilaya de Jijel sur la RN 43et d’une longueur de 1800 ml, le dédoublement de la RN 26, entre El Kseur et Sidi Aïch sur 22 km, et d’autres travaux d’aménagement sur le CW 158, sur 27 km entre Amizour et Barbacha via Tadart Tamoukrante.

La deuxième place dans le hit parade des projets de développement est prise par le secteur des infrastructures économiques et administratives, avec 22 opérations inscrites pour une enveloppe de 122 milliards et 800 millions de centimes. Ce montant sera consacré à l’étude et au suivi de la réalisation d’établissements publics avec logements d’astreinte pour les fonctionnaires et à huit établissements publics de santé et de proximité notamment.

La grande et la petite hydraulique arrivent en troisième position, avec un budget de 111 milliards de centimes destinés, précise l’orateur, à la réhabilitation et à l’extension du réseau d’assainissement de la ville de Béjaïa et des villages Elma, Rodha et Ikherbane ainsi que leurs environs. L’éducation, grand secteur budgétivore, se range en quatrième place avec une ligne de crédit de 103 milliards et 200 millions de centimes et 23 opérations à réaliser. Les opérations projetées pour 2012 consistent, pour l’essentiel, en la réalisation et l’équipement de trois lycées de type 800/200 R, d’un CEM base 5 et de trois groupes scolaires. Les opérations inscrites concernent, aussi, le renouvellement du mobilier scolaire ainsi que les aménagements et la réhabilitation de certains établissements. A signaler que sur les 98 opérations inscrites à l’indicatif de la wilaya pour l’année 2012, les mélomanes de Béjaïa, ville d’art et de culture, relèvent, avec grande satisfaction, l’inscription du projet d’un institut régional de formation musicale (IRFM).

En ce qui concerne le bilan de l’année 2011, et d’avant, le wali a annoncé à ce sujet que tous les projets inscrits en 2011, et avant, ont au moins connu un début de travaux. Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, qui fait face à un grand déficit en matière de places pédagogiques et de lits, l’orateur a déclaré qu’aucune inscription n’a eu lieu en 2009 ou en 2010. Les inscriptions pour 12000 places pédagogiques et 6000 lits n’ont été faites qu’en fin 2011 seulement et les travaux sont déjà lancés. Il ajoute que pour aller vite, une dérogation a été accordée pour Béjaïa pour procéder par gré à gré simple et céder les marchés à des entreprises de qualification allant de 3 à 9. Il a été demandé à ces entreprises de livrer, même partiellement, les structures réalisées pour la rentrée universitaire 2012/2013. Abordant le retard accusé dans la construction des lycées, notamment à Feraoun et à Ighram, l’intervenant a mis en relief le problème de l’assiette de terrain, bien que 90 % des demandes d’indemnisation ont été satisfaites. Toujours dans le secteur de l’éducation, il a été inscrit pour 2011, 241 classes pour l’enseignement primaire et 14 autres en extension pour des lycées. Mais tous ces projets sont encore à l’étape de l’étude. Au chapitre des logements non achevés, l’orateur a signalé qu’à travers la wilaya, il y a 12 000 logements sociaux locatifs et 6 000 autres de type LSP. Concernant les logements ruraux, le nombre retenu est de 1000 nouveaux logements plus 1000 autres pour les réhabilitations et les aménagements des anciennes habitations. A ce propos, le wali a insisté auprès des communes qui disposent de terrains, à exprimer leurs besoins en matière de construction d’infrastructures. Mais sans terrains, précise-t-il, rien ne sera construit. Analysant les causes des retards dans la réalisation des projets de développement, le wali a évoqué un phénomène qui a pris de l’ampleur ces dernières années dans la wilaya, la fermeture de routes. Parmi les autres causes des retards, il cite le non paiement des entreprises par l’administration, ce qui les décourage, le manque de main-d’œuvre pour les chantiers.

Traitant l’une des grandes préoccupations de la wilaya, qui est l’alimentation des foyers en gaz naturel, il met l’accent sur le fait que Béjaïa, qui est actuellement à la traîne avec 26 ou 27 % de foyers alimentés en cette énergie, passera à la fin de l’année 2014 à 60 ou 65 %, voire plus s’il n’y a pas de problèmes d’opposition, comme c’est la cas actuellement à Aokas où une dizaine de citoyens s’opposent au passage des canalisations sur leurs terrains privant, ainsi, plus de 4000 foyers de la région de cette source d’énergie.

Comme réponse à la question d’un élu au sujet de la pénétrante autoroutière, le wali a indiqué que celle-ci va, enfin, connaître son début de réalisation puisque, soulignant que « les Sud-coréens qui sont chargés de son étude sont enfin venus à Béjaïa et se sont déplacés sur les lieux. Il leur a été demandé de dégager, pour l’année 2012, l’étude des tunnels et des viaducs, notamment au niveau de Sidi Aïch, pour qu’on puisse commencer la réalisation ». Quant au CHU, qui a fait couler beaucoup d’encore et de salive, le wali a déclaré que celui-ci est inscrit à l’indicatif du Ministère de la Santé et qu’il fait partie d’une opération centralisée qui concerne cinq CHU à travers le territoire national, précisant que son étude est engagée. Au sujet de la réalisation de l’échangeur des Quatre chemins, dont on ne fait que parler depuis des lustres, le conférencier a affirmé que les travaux pour sa réalisation sont déjà lancés. Timidement, peut-être, mais déjà lancés.

B. Mouhoub

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