Des logements sans électricité

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«On est au centre d’un conflit entre la Société de distribution du gaz et de l’électricité de Béjaïa et l’APC, un conflit qui est loin de connaître son épilogue».

Au village Taghezouit dans la commune de Seddouk, wilaya de Béjaia, la nouvelle cité composée de huit logements évolutifs livrés aux propriétaires, il y a plus d’une décennie, n’est toujours pas alimentée en énergie électrique, ce qui pénalise à plus d’un titre ses habitants exténués physiquement et financièrement par les nombreuses démarches effectuées auprès de l’APC, la daïra, la SDE/DD etc. Des démarches restées vaines, n’ayant pas trouvé une oreille attentive. Et la galère continue sans lueur d’espoir que leurs foyers soient alimentés un jour. Ne dit-on pas que «ne sent la brulure de la braise que celui qui a le pied dessus». Depuis, personne ne semble s’inquiéter par le sort de ces malheureux bénéficiaires dépités dont l’un d’eux nous a fait part de ses déboires. «Tout le monde sait que de nos jours cette commodité est indispensables dans les foyers pour l’éclairage et le fonctionnement de la télévision, l’ordinateur, le chauffage, le climatiseur, etc. Ainsi, la plupart des appareils domestiques fonctionnent au courant électrique», se révolte Nacer, l’un des habitants qui ne décolère pas et qui ne sait pas à quel saint se vouer pour bénéficier d’un branchement du courant électrique dans son foyer. «On est au centre d’un conflit entre la Société de distribution du gaz et de l’électricité de Béjaïa et l’APC, un conflit qui est loin de connaître son épilogue. Ces deux organismes se renvoient la balle. Chacun incombe la faute sur l’autre pendant que nous continuons à galérer en les suppliant de se préoccuper un peu de notre problème qui n’en finit pas. Mais tout tend à croire que les deux organismes font de notre misère le dernier de leurs soucis. Pour preuve, il y a un poteau éloigné seulement d’environ 25 mètres de mon logement, j’ai formulé une demande individuelle à la l’agence de distribution de Seddouk pour un éventuel branchement en énergie électrique et j’ai essuyé un refus catégorique d’un responsable au niveau de cette agence sans qu’il me donne un motif valable. Je suis allé plusieurs fois à l’APC pour réclamer mes droits de citoyen, on me demande toujours d’attendre. Et jusqu’à quand devrais-je encore attendre si plus de dix longues années ne leur ont pas suffi à trouver une solution à un problème aussi banal», s’est empoté la mort dans l’âme cet habitant. Et il ajoute dans la foulée : «Que l’on nous dise comment faire alors pour avoir du courant électrique dans nos foyers. Et combien de fois la commune de Seddouk a bénéficié de projets d’extension électrique et notre cité demeure l’éternelle oubliée». Les bénéficiaires sont visiblement exténués par des démarches qui n’aboutissent pas. En attendant, certains ont habité leur logement en recourant au système «D». «Je n’ai pas le choix. J’habite mon logement grâce à la générosité d’un citoyen habitant du village qui m’a donné du courant électrique que j’ai ramené en guirlande sur une longueur d’environ 500 mètres. Le courant arrive chez moi très faible mais il faut bien faire avec. Il faut dire aussi que certains renoncent à habiter dans ces conditions préférant d’abord que le problème du courant électrique soit résolu une bonne fois pour toutes», a-t-il dit.

L. Beddar

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