Les villageois dans la tourmente !

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Les villageois de la commune de Guerrouma, située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, ont été très durement affectés par les dernières chutes de neige.

Ainsi et lors de notre déplacement sur les lieux, les habitants de cette localité nous ont fait part de leur dénuement, mais aussi, des différentes défaillances et lenteurs des autorités, concernant cette situation qualifiée de misérable.

En effet, jeudi dernier, les principaux axes routiers qui mènent vers cette localité tels que le CW17, reliant Guerrouma à Lakhdaria et le CW 93 desservant Guerrouma à Malla demeuraient coupés à la circulation, à cause des fortes chutes de neige, lesquelles ont atteint localement les 1,50 m.

“On est isolé du monde depuis près de dix jours’’, dira ce citoyen, d’un ton excédé. Avant de préciser : “Les déblayeuses de l’APC n’ont rien pu faire face à ces forts cumuls de neige. De ce fait, on est obligé de rester chez nous !’’ Il est vrai que la poudreuse a complètement obstrué les chemins sinueux qui caractérisent cette localité située sur les hauteurs. A ce propos, un agent municipal chargé de la coordination des opérations du déneigement soulignera : “Avec le peu de moyens dont on dispose, on travaille comme des forcenés, afin de rétablir la circulation notamment, dans les hameaux les plus reculés de la région.” Autre carence enregistrée, la pénurie de gaz butane. La population locale nous a confié qu’aucune distribution de gaz n’a été effectuée depuis lundi passé ce qui a contraint les habitants à se chauffer au bois, quand ce dernier est disponible ! “Si ces conditions venaient à perdurer et c’est ce qui est annoncé par les services de la météo, on va mourir de froid !», lancera Hamid, père de six enfants. D’ailleurs, d’autres citoyens ont fait part de leur colère et de leur mécontentent à l’égard des pouvoirs publics, qu’ils accusent ouvertement de “négligence”. “Nos élus nous ont oubliés!’’, “Personne ne s’est soucié de nous et de nos conditions de vie !’’, ce sont quelques griefs qui reviennent sans cesse dans la bouche des villageois rencontrés. A ce sujet, Hafidh, enseignant de son état, relèvera avec une certaine rage : “A la radio, on nous dit que la cellule de crise installée par le wali, travaille d’arrache pied, pour désenclaver les régions sinistrées. Toutefois, la population demeure livrée à elle-même !” et d’ajouter d’un ton inquisiteur : “Notre P/APC est introuvable, il a effectué une sortie au début de cette catastrophe, ensuite, plus rien ! C’est un scandale de la part d’un élu, censé être à la disposition de ses administrés.”

Au niveau des localités d’Aïn El Beïda, Tiferesse, Zouawna et Ouled Aïssa, la population est complètement isolée. Les bonbonnes de gaz butane sont introuvables, les denrées de première nécessité commençaient à manquer et comme cela ne suffisait pas, le courant électrique était coupé depuis dimanche. Un paysan vêtu d’un burnous gris notera : “On ne survit qu’à la grâce du Divin, sans cela, on aurait sans doute crevé comme des chiens !», et de poursuivre : “Ici à Zouawna, on n’a pas vu une seule bobonne de gaz depuis le début des intempéries ! Sans parler du lait, de l’huile et du pain…», avant de s’indigner : “Où est passé l’Etat ? Où sont passés les moyens de l’Algérie ? En 2012, on vit comme du temps de la guerre, c’est une honte pour ce pays et ceux qui le gouvernent !”.

Par ailleurs, dans les quelques commerces, qui étaient encore ouverts, les prix ont carrément flambé : la tomate à 110 da/kg, le poivron à 150, l’oignon et les rares sachets de lait encore disponibles étaient cédés sous le manteau à 40 da le litre. A signaler enfin, que la semaine qui s’annonce sera d’autant plus glaciale, en sachant qu’un nouveau BMS de Météo Algérie, qui annonce le retour des intempéries, valable depuis la nuit d’hier samedi jusqu’à aujourd’hui dimanche au soir, avec des chutes de neige assez marquées sur les reliefs dépassant les 200 m d’altitude et des températures oscillant entre -2 et 9° C.

Ramdane B.

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