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L’ensemble des ruisseaux en crue

Le processus de fonte de l’épaisse couche de neige étant accéléré par la réapparition du soleil durant la journée du vendredi, les ruisseaux de la région sont entrés en crue provoquant, sur leur passage, des érosions et des glissements d’énormes pans de terre sur leurs deux rives.

Que ce soit Assif Aghbalou, Assif Ouakour, Assif Rana et Assif Assemadh, pour ne citer que les plus réputés qui prennent naissance à partir du sommet du massif du Djurdjura sur son flanc sud, les oueds emportent tout sur leur passage en raison des violents courants. Leur grondement est perceptible à des kilomètres à la ronde, notamment sur leurs itinéraires en haute montagne avec une gravitation, par endroits, dépassant les 95°. Ainsi, d’énormes rochers sont charriés et s’entrechoquent violemment en cours de route dans un bruit de fin du monde, au point de faire vibrer le sol à des centaines de mètres à la ronde comme il est aussi fréquent de voir toutes sortes d’arbres adultes et autres buissons emportés par les eaux en furie, une chute tant pour les humains que les animaux dans ces violents courants équivaux à une mort certaine. Que penser alors d’Assif N’Sahel qui reçoit l’ensemble de ces cours d’eau, ajoutés à des dizaines d’autres de moindres importances? Le lit de cet oued dépasse largement les 200m de largeur et grignote chaque année d’importantes surfaces agricoles au niveau des plaines d’Oughazi et de Thaghzouth Nath Mansour. Bien plus grave Assif N’Sahel a façonné par endroits de terrifiantes falaises, à l’image de celles d’Assif Assemadh et d’Aharrach, à proximité de Raffour. En plus d’engloutir d’importantes surfaces agricoles, les falaises avancent inexorablement vers les habitations et d’importants ouvrages tels la route de Selim que ne sépare des précipices d’Assif Assemadh qu’une bande de terre de moins de 15m sur laquelle commencent à apparaître d’inquiétantes fissures. A Aharrach, ce sont une ligne de haute tension et le réseau de transport du gaz de ville qui sont menacés par l’avancée des falaises avec les abondantes chutes de neige qui se sont abattues sur la région et qui ont atteint 3m d’épaisseur à partir de 1000m (là où prennent naissance les ruisseaux). Ces ruisseaux resteront en activité au moins jusqu’à fin avril en drainant des milliers de mètres cubes d’eau qui, en plus de causer des dégâts, iraient se perdre inutilement dans la mer 100km plus loin à Béjaïa, après s’être mêlées aux eaux usées sans que personne n’en tire un quelconque profit. Cela alors que sur le trajet de chacun de ces ruisseaux, existent d’énormes cuvettes façonnées naturellement et qui peuvent emmagasiner d’importantes quantités d’eau, capables à elles seules de servir à l’irrigation de centaines de milliers d’hectares de terres fertiles laissées en jachère à cause justement du manque de moyens d’irrigation.

Oulaid Soualah

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