A l’initiative de l’ONEC bureau d’Akbou, la célébration de la journée nationale du chahid pour la wilaya de Béjaïa a eu lieu à Akbou cette année.
Un riche programme a été concocté à cette occasion. D’ailleurs, la dernière activité de ce cérémonial -et qui a consisté en une pièce théâtrale- s’est achevée en début de soirée du 18 février.
Des projections de films, ainsi qu’une conférence ont auparavant comblé les soirées des citoyens d’Akbou-ville et des villages environnants. Une importante délégation wilayale (de Béjaïa) a rehaussé par sa présence la journée officielle. Laquelle délégation fut chapeautée par le SG de la wilaya (représentant du wali) et le chef de la daïra d’Akbou et orientée par les membres de l’Onec d’Akbou et son secrétaire général Bentifraouine Mahmoud. Après le dépôt de gerbes de fleurs au cimetière des martyrs et le recueillement à la mémoire de ceux qui ont sacrifié leurs vies pour que redevienne libre l’Algérie, une finale de football, un marathon et des exibitions de karaté ont rempli la matinée du samedi 18, à la grande joie des citoyens que les intempéries de ces derniers jours ont contraint à une vie d’ermites. La délégation officielle et les nombreux invités se sont rendus d’abord au village Ath Sellem pour le dépôt de la 1re pierre gerbe de fleurs au cimetière des chouhadda puis au stade des Martyrs pour y placarder la plaque réalisée à cet effet. A la salle de cinéma 20 Août 1956, qui a relayé la place Amirouche pour la suite du programme, plusieurs orateurs se sont exprimés pour l’occasion mais chacun le faisait avec tant de cœur et de ferveur que souvent la gorge était nouée de sanglots et le regard troublé par les larmes.
Le premier à s’exprimer était Rachid Adjaoud, de l’organisation de moudjahiddine de Béjaïa. Lors de sa prise de parole fortement émouvante, il insistera sur l’impérieuse nécessité d’enseigner l’histoire aux jeunes. Said Amrouche, le SG de l’Onec de Béjaïa, parlera longuement, citant “la marginalisation dont ne cessent d’être l’objet les enfants de chouhadda”. Appelant au vote massif, il précisera : “Allez voter en force mais votez pour des hommes compétents aimant leur pays et qui, lorsqu’ils voteront une loi, la suivront et veilleront à son application. ” Et de poursuivre: “Qu’en est-il advenu de la loi de 1999 ? Treize ans après, aucune suite. Où est la fameuse autoroute ? Et le gaz de ville ? Plusieurs foyers, des quartiers et des villages en sont dépourvus. Béjaïa n’en bénéficie que de 33°. Votons pour nos jeunes qualifiés pour qu’ils soient à l’APN. ”
Par ailleurs, l’orateur saluera les efforts énormes déployés par les membres de l’ANP, de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie nationale ainsi que les efforts du wali, au profit des citoyens des zones endommagées par les récentes intempéries. Akilal Djamel, de l’Onec bureau d’Akbou, dissertera, dans un langage clair et fluide, sur de nombreux points ayant trait “aux frustrations qu’ont connues et connaissent les membres de la famille du chahid», notera-t-il. De même, il donnera une lecture du document- appel de l’Onec d’Akbou. “Cinquante ans après l’indépendance de notre pays l’Algérie, nous sommes loin du message de nos glorieux chouhadda. Les atteintes sont nombreuses aussi bien pour la famille du chahid que pour plusieurs tranches de la société. Lesquelles souffrent de la marginalisation et du mépris, ce qui engendre des crises successives. Nous, enfants de chouhadda, sommes l’exemple vivant de victimes souffrant de ces frustrations, et légitimes, les revendications aussi bien de notre frange que de toute la société car nos parents n’ont pas payé de leur vie pour leurs familles uniquement mais pour toute l’Algérie, notre cher pays. Pour nous tous enfants de cette chère Algérie, nous revendiquons nos droits aux logements sociaux, participatifs, ruraux, les droits des jeunes au travail. Nous réclamons un autre regard sur l’article 25 inhérent au moudjahid et au chahid pour que tous, fils et filles de chouhadda, en bénéficient. Nous nous indignons contre ces pièces administratives que l’on exige annuellement à toute la famille du chahid”.
La déclaration de l’Onec d’Akbou est porteuse d’autres revendications ainsi que de nombreuses suggestions et dénonce des agissements allant à l’encontre de l’intérêt et du bien-être de la société. Cela sur le plan économique, politique et fléaux sociaux. L’Onec a clôturé sa célébration par un hommage aux moudjahidine Hammam Lyakout la poétesse et Boukir Md Chérif, l’enseignant moudjahid, et la récompense du Cem des Martyrs et de ses élèves participants de l’interclasses organisé au sein de cet établissement. Les sportifs ont été de même primés. La cerise sur le gâteau était la récompense du docteur Ahcène Rekis, docteur en médecine. Le geste tout modeste en lui-même car aucun cadeau ne pourra être à la hauteur de cet homme si grand et si modeste, ce geste a permis au parterre de la grande salle du cinéma 20 Août 1956 d’exprimer son attachement et son admiration à ce monument de la médecine, cela à travers les applaudissements qui crépitèrent longuement et à maintes reprises. Le Docteur Ahcène Rekis est le premier médecin à s’être installé dans la localité. Des décennies durant, il démontrera sa fidélité au serment d’Hippocrate. Jamais, il ne déviera de ses principes d’homme mettant généreusement sa science et son savoir au service de ses concitoyens. Ni le temps ni les contraintes de la vie n’ont pu le détourner de son “très” droit chemin ni de sa noble mission, homme honnête au cœur noble justement. “A l’heure où la médecine est devenue un commerce, où toute chaleur et sentiment humains ont déserté les cœurs de nombreux médecins au point de refuser le déplacement chez des malades âgés, fortement malades, handicapés et non déplaçables, le Docteur Rekis est celui que l’argent n’a jamais alléché faisant prioritaires les bonnes actions humanitaires. Il n’a jamais fait de discrimination entre des malades de couches sociales différentes et a soigné gratuitement de nombreux patients nécessiteux” ,ont tenu à déclarer des citoyens d’Akbou présents à la cérémonie. Il faut dire que ce praticien est vénéré par la population akboucienne.
Enfin, nous tenons à saluer la compétence et le savoir-faire de l’animateur Bouazza Abdelhamid qui manie si merveilleusement la langue nationale qu’il enseigne (professeur adulé par les élèves, très respecté par ses supérieurs et ses collègues, il exerce au CEM Danielle Mines d’Akbou) et produisant, tout aussi merveilleusement, une poésie raffinée et émouvante aussi bien dans cette langue que dans sa langue maternelle.
Taos Yettou

