Les praticiens spécialistes de la santé publique ont entamé hier une grève nationale de trois jours, pour réclamer la satisfaction de leur plate-forme de revendications.
“Le taux de suivi de ce mouvement de protestation a atteint 75% au niveau national, en ce premier jour de grève», a affirmé le président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp), la docteur Mohamed Yousfi, lors d’un point de presse tenu au niveau de son siège national, à Alger.
Le taux de participation à cette action, varie d’une wilaya à une autre. Ce taux de suivi oscille entre 50 à 90%. “La wilaya de Boumerdès connaît une adhésion massive, où le taux de participation à cette grève a atteint 90%. Ce taux est estimé à 80% à Tizi Ouzou et à Blida, 75% à Sétif et à Annaba, et 70% à Alger. Pour lui, “ce mouvement de contestation a bien commencé”. Néanmoins, ce syndicaliste a déploré “les agissements du ministère de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière, qui, au lieu d’ouvrir les portes du dialogue, adopte une politique de fuite en avant en essayant de casser la grève par des mesures répressives”. Pour illustrer ses propos, le président du Snpssp dira que “le SG du ministère de la Santé a dès mercredi, envoyé un courrier aux directions des établissements de la santé publique, portant des mesures répressives, en précisant qu’en plus des retraits sur salaires, le SG de la tutelle a demandé l’envoi d’avis de réquisition aux spécialistes”. “Ils ont même envoyé la liste des noms des grévistes et leurs postes supérieurs», a-t-il regretté.
Sur ce dernier point, la même source a noté que “la tutelle a le droit de nous réquisitionner si nous avons nié le droit de grève carrément. Mais là nous avons assuré le service minimum”. “Alors pourquoi on nous réquisitionne ?», s’est-il demandé. Ces réquisitions, a-t-il dit, “remettent en cause le droit de grève, et elles sont illégales car nous sommes dans notre droit de grève”.
Dr Yousfi dénonce vigoureusement ces mesures répressives, qu’il qualifie “de mesures d’autre temps», en déplorant le fait que “le droit de grève est bafoué”. “Notre mouvement de grève se poursuivra, nonobstant ces mesures répressives entreprises par la tutelle, car c’est le seul moyen que nous avons pour défendre notre plate-forme de revendications”.
Par ailleurs, Dr Yousfi a fait savoir qu’il paraîtrait que “notre syndicat a été condamné par la justice», précisant que “nous n’avons reçu aucune notification par la justice, donc notre grève est légale à 100%”. Toutefois, ce syndicaliste a brandi la menace d’enclencher une grève illimitée, à partir du 19 mars prochain, si leurs revendications, exprimées ne seront pas prises en charge. Dr Mohamed Yousfi a tenu à rappeler que cette action a été observée sous la base de la même plate-forme de revendications. Cette dernière tourne autour de “l’amendement du statut des praticiens spécialistes, la suppression de la discrimination qui dure depuis dix années au niveau du calcul de l’IRG, des primes et indemnités versées par le secteur de la santé aux praticiens spécialistes hospitalo-universitaires (10%) et aux praticiens spécialistes de santé publique (35%), et la révision du régime indemnitaire, la mise en application des mesures incitatives concernant le service civil”.
Les praticiens spécialistes réclament également “le respect de la réglementation en matière de carte sanitaire pour les services de santé publique et en matière de présence des praticiens spécialistes de santé publique dans les comités médicaux existants déjà ou nouvellement créés, ainsi qu’un quota de logements de fonction”.
L. O. Challal

