Les agriculteurs de la commune d’Aghbalou ont, encore une fois ,fermé la direction des services agricoles (DSA) de Bouira pour dénoncer ce qu’ils qualifient de “marginalisation” faite à l’encontre de la filière oléicole.
Près d’une centaine d’agriculteurs a observé un sit-in hier-matin, devant le siège de la DSA en attendant la venue du premier responsable du secteur.
Peu avant midi et en l’absence de ce dernier, les agriculteurs ont décidé de cadenasser le portail de cette institution avant de se diriger vers la subdivision agricole de M’Chedallah pour la fermer également.
Selon un des protestataires rencontrés hier matin, devant le siège de la DSA, ces actions de protestations se veulent une réponse aux autorités concernées par ce problème : “Nous avons été plus que patients…. nous avons attendu que le ministère de l’Agriculture étudie nos doléances et en fin de compte, on nous met aujourd’hui, devant le fait accompli en voulant envoyer une commission sur le terrain afin de vérifier nos superficies respectives avant de prendre la décision de nous octroyer les travaux à effectuer. Il s’agit d’une procédure qui peut mettre jusqu’à 4 mois pour aboutir alors que les oléiculteurs n’ont que jusqu’au 15 avril pour effectuer les travaux d’élagages, passé ce délai impossible de toucher à l’arbre, ni pour les opérations de greffe, ni pour les tailles de régénération…’’ affirme Hocine, oléiculteur de Takerboust.
Pour Nacer, fellah d’Aghbalou, il est temps que ce bras de fer opposant la filière oléicole aux services agricoles connaisse son épilogue : ‘’ Nous n’allons pas baisser les bras, nous irons même jusqu’à fermer définitivement la subdivision agricole de M’Chedallah même si pour cela les agriculteurs des autres filières seront pénalisés, nous devons démontrer que nous ne nous tairons pas devant cette discrimination…. . ’’
Quelques minutes plus tard ,c’était en effet, la subdivision de M’chedallah qui sera cadenassée pour la énième fois depuis le début de ce conflit qui perdure depuis plusieurs années. Un conflit qui a vu la mise à l’écart de trois subdivisionnaires sans qu’aucune issue n’ait été trouvée à ce jour. Les oléiculteurs se dirigeront ensuite vers le siège de daïra pour le fermer également. Toutefois, une fois sur place, revirement de situation, le chef de daïra recevra une délégation de protestataires.
A l’issue de cette réunion qui aura duré près d’une heure, les oléiculteurs affirment que le quiproquo demeure et qu’aucune solution concrète ne leur a été proposée :’’ Nous avons donné au chef de daïra un ultimatum jusqu’à mercredi, si rien n’est résolu, alors dès jeudi matin ,nous mènerons des actions d’envergures…’’ Des actions qui risquent de perturber sérieusement le tronçon routier et autoroutier si l’on en croit les protestataires surchauffés qui d’ores et déjà menacent de boycotter les élections du 10 mai prochain, si ce bras de fer perdure.
Hafidh. B
