Bechloul : Fermeture de la RN5

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Vraisemblablement, le problème du transport qui a défrayé la chronique le mois de janvier dernier, n’est pas sur le point de connaître son épilogue.

Ainsi, hier matin, les citoyens de Bechloul sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère et indignation face à cette situation qui se complique davantage.

Des dizaines de manifestants ont fermé l’axe de la RN5 qui traverse le chef-lieu de cette commune à l’aide de pierres et de troncs d’arbres, paralysant toute circulation ce qui a généré un bouchon sur une distance de plus de deux kilomètres. De leur côté les transporteurs, propriétaires des minibus, ne sont pas restés en marge de cette contestation mais ont affiché leur adhésion à l’action par un arrêt de travail et cela on le constate par toute cette file indienne de leurs bus garés tout au long de ce tronçon qui traverse Bechloul. Au milieu de la foule, nous avons trouvé l’ex-délégué du Mouvement citoyen, Djamel Yahiaoui en l’occurrence, qui nous a déclaré sur un ton de colère : “Nous sommes là pour dénoncer la politique de deux poids deux mesures, entreprise par les pouvoirs publics.” Et pour être explicite, notre interlocuteur enchaîne : “Depuis l’ouverture de la nouvelle gare routière à Bouira, le citoyen de Bechloul se trouve dans une situation inconfortable qui le laisse dépenser plus d’argent que d’habitude et effectue des déplacements de son lieu de travail jusqu’à la gare routière sans pouvoir pour autant se permettre de faire aisément ses emplettes à partir du marché comme ce fut le cas avant. Le déplacement vers le chef-lieu de wilaya lui revient à cent dinars/jour, et je vous laisse imaginer la suite.” Un autre manifestant, visiblement irrité intervient pour exprimer lui aussi sa colère en disant : “Comment se fait-il que nos voisins de la commune limitrophe ont le droit de prendre un fourgon à partir de l’ancien arrêt sis au centre-ville de Bouira alors que nous, habitants de Bechloul, sommes obligés de rejoindre la gare routière et dépenser plus d’argent pour rentrer chez nous. C’est une décision aléatoire qui nous pénalise, donc on est là pour la dénoncer haut et fort et attirer l’attention des responsables concernés de ce que nous endurons au quotidien en matière de transport.” Joint par téléphone, Hamid C., transporteur de son état, nous apporte sa version des faits en disant : “On arrête de travailler jusqu’à ce que tous les transporteurs de la localité soient traités sur le même pied d’égalité. Sinon, comment interpréter le maintien des fourgons assurant la desserte El-Esnam- Bouira au centre-ville alors que nous sommes contraints à déposer les voyageurs au niveau de la nouvelle gare routière sans pouvoir effectuer le moindre arrêt au centre-ville.” Il importe de souligner que, pour éviter d’être déposé à la gare routière et prendre un autre moyen de transport vers le centre-ville, le citoyen de Bechloul a trouvé le moyen d’effectuer un premier déplacement de sa localité vers El-Esnam, et de là il prend un autre fourgon vers la ville de Bouira, sans passer par la gare routière et en plus le voyage lui coûte moins cher. Suite à cela, une délégation de citoyens a été reçue par le chef de la daïra de Bechloul qui, comme premier pas vers un dénouement de crise par décrocher un rendez-vous avec la directrice des transports de la wilaya de Bouira. Proposition rejetée tout de go par la délégation qui attend du concret par rapport à sa doléance et surtout insiste à ce que c’est la responsable de ce secteur qui doit se rendre sur le terrain pour chercher les voies et moyens adéquats à cette situation conflictuelle. Sur ce, D. Yahiaoui déclare : “Il est quasiment inconcevable d’attendre le dimanche prochain pour rencontrer la directrice des transports. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de nos revendications et nous mettons les pouvoirs publics devant leurs responsabilités», conclut-il. Ce n’est qu’aux environs de 13h00 que la route a été rouverte à la circulation, mais les protestataires aussi bien les transporteurs privés que les citoyens réaffirment leur engagement et se disent déterminés à ne pas baisser les bras jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

S. M.

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