Ighrem Ses parents sont chômeurs et sans revenus – Un handicapé dans la tourmente !

Handicapé par une maladie congénitale appelée dans le jargon médical la Spina Bifida qui s’est compliquée par une insuffisance rénale aigu&euml,; Zinedine Haddad, est cloué sur une chaise roulante mécanique dans laquelle son père le transporte quotidiennement vers l’école du village où il est en quatrième année primaire. Son père, Yousef, 42 ans, chômeur de son état, est tenu d’être présent constamment à ses cotés pour l’assister ainsi que sa mère, devenue médecin et infirmière malgré elle, lui installant la sonde qui ne le quitte plus, et lui changeant des couches deux fois par jour. En guise de couche, qu’elle ne peut se payer, elle utilise plutôt du linge qu’elle confectionne à partir de vêtements usés. Longtemps entretenu dans son espoir de pouvoir, avec l’aide des institutions publiques et le soutien des âmes charitables, de lui obtenir des soins à l’étranger. Son père n’arrive même plus à se donner un travail pour améliorer ses conditions matérielles pour subvenir aux besoins spécifiques de son fils. Pourtant il a tant rêvé de pouvoir d’avoir un emploi à l’agence postale qui se trouve à proximité de son domicile, ce qui lui aurait permis en plus d’être travailleur, de continuer à être disponible pour son fils. Mais c’était sans compter sur la bureaucratie qui entoure l’accès à un emploi public, fut-il d’agent de nettoiement pour lequel il a postulé. Muni d’un bulletin de présentation qui lui été délivré par l’agence de l’emploi de M’Chedallah, il s’est présenté à la direction d’Algérie Poste qui lui a été établi un procès verbal ainsi qu’une lettre d’engagement pour une année, signés par la DAS, l’intéressé et l’employeur, en contrepartie d’une rémunération de 6000DA, et ce, dans la cadre du dispositif de la DAS d’insertion sociale. Mais quelque temps plus tard, avant même de commencer son travail, à sa surprise, on lui signifia qu’il ne pouvait être pris à cause de son âge. A l’époque, il n’avait que 40 ans. Aujourd’hui, à 42 ans, le même espoir renaît chez ce parent d’handicapé de décrocher un poste de gardien dans la salle polyvalente du village, pas loin de son domicile et relevant de l’Odej sous tutelle de la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya de Bouira. A l’offre de recrutement par concours de sélection, émise par cet organisme, Youcef, fournit en plus du dossier composé des pièces exigées, une attestation d’handicapé de son fils, dans l’espoir de retenir la compassion des membres du jury de sélection. La encore peine perdue, on lui signifiera que sa candidature n’est pas retenu. Le choix devant être porté sur un autre qui a du avoir des soutiens plus solides, doute notre interlocuteur qui dit ne survivre que grâce à une allocation forfaitaire de solidarité de 3000 DA attribuée dans le cadre du filet social.

Pas même le fond de la zakat ne lui vient au secours occasionnellement, lors des fêtes religieuses par exemple. Toutes ces tribulations sont loin d’user ce père qui tire de la situation de son fils, les substances de sa ténacité pour harceler les institutions locales, de wilaya et même nationales, afin de s’extirper de sa misère et de pouvoir offrir à Zinedine une meilleur prise en charge sanitaire, un équilibre alimentaire et une vie décente. Cet espoir vient d’être renforcé après que suite à une demande d’aide à l’APW, celle-ci a transmis son dossier au wali qui aurait demandé et instruit une enquête sociale sur lui. L’actuel wali de Bouira serait-il celui qui saurait redonner le sourire à ce père ? Un père qui n’a pas cessé de se tourner vers la presse, dont d’ailleurs il a occupé les colonnes à plusieurs reprises, faute d’avoir trouvé ailleurs la bonne prise en charge de ses préoccupations.

Mohand Meghellet