C’est une bonne pluviométrie frôlant les 120mm qui a succédé aux chutes de neige.
Des pluies qui sont d’ailleurs à l’origine d’un arrêt net des gelées et verglas et en même temps d’un radoucissement du climat qui est lui-même à l’origine d’une reprise rapide pour ne pas dire spectaculaire du tissu végétal. Une reprise fulgurante constatée notamment sur les parcours du pâturage, le tout annonciateur de saisons agricoles prochaines toutes filières confondues fort prometteuses, dont l’élevage. C’est donc sans surprise que survient cet emballement des cours des marchés à bestiaux en cette période du mois de mars où éleveurs et maquignons «font le plein» pour renouveler leurs troupeaux après s’être rassurés d’une bonne récolte à venir de l’aliment de bétail durant la prochaine saison de fenaison. Une saison qui interviendra au mois de mai et des parcours de pâturages qui seront entre-temps abondamment fournis et enfin le risque de pénurie écarté grâce à l’ensemble de ces facteurs et repères traditionnels favorables qui conduisent à un déséquilibre au niveau des marchés où la demande est nettement supérieure à l’offre, un cas de figure où les prix s’envolent à cause d’une féroce surenchère. Au marché de M’Chedallah, il est aisé de constater qu’une brebis moyenne est cédée à 25. 000DA et celle, avec deux agneaux d’un mois, franchit la barre de 40. 000DA, l’agneau d’une année affiche entre 22 et 25. 000DA, le bélier entre 30 et 35. 000DA jusqu’aux chèvres laitières qui sont touchées par cette flambée des prix : celles locales entre 15 et 20. 000DA celles importées franchissent la barre de 30. 000DA, voire même 40. 000DA, quand elle est accompagnée de deux chevreaux. C’est une période où toute bête qui franchit les portes du marché provoque une ruée des acheteurs qui se l’arrachent en proposant des prix qui dépassent toutes les espérances des vendeurs. Les maquignons expérimentés plus futés font le gué hors du marché à proximité de l’entrée et dès qu’un véhicule chargé de bêtes s’approche, ils le prennent carrément d’assaut, il est fréquent d’assister à des transactions pour le moins serrées sur la voie publique. Ceux-là sont des maquignons qui revendent les bêtes qu’ils ont pu arracher, le jour même en tirant souvent des bénéfices substantiels. Il arrive qu’une même bête change plusieurs fois de mains le même jour au niveau du même marché. Le stand à bestiaux est celui qui enregistre une animation particulière durant cette période de début mars à la fin mai, c’est aussi un stand où circulent de grosses sommes d’argent.
Oulaid Soualah
