Un groupe d’anciens Moudjahidine d’Ighil Ali se sont opposés à l’implantation de la statue frappée à l’effigie de Jean Amrouche à la Place des martyrs dans la commune d’Ighil Ali.
A ce sujet, les membres de l’association Taos et Jean Amrouche ont voulu faire comprendre aux anciens maquisards de leur région que Jean Amrouche avait contribué à l’indépendance de l’Algérie au même titre qu’eux. «Je pense que cette situation conflictuelle ne va pas arranger notre village. Il est inadmissible de s’attaquer à des révolutionnaires ayant pris les armes contre l’ennemi colonial, comme il est injuste de s’en prendre à Jean Amrouche, l’homme qui a permis la tenue des accords d’Evian entre le FLN et le général De Gaulle», nous explique M. Izerradjen Moussa, membre de l’association. Dernièrement, il était plus question d’une atteinte à la mémoire de ces grandes personnalités qu’aux activités des membres de l’association Jean Amrouche. A commencer par leur maison : un ancien Moudjahid de la même région se montre en possession d’un acte de propriété au même titre que l’association qui détient un acte authentique de Belkacem Amrouche. Etant son bien privé la personne en question s’apprêtait à apporter des travaux de restauration et de modification sur la maison. C’est justement la goutte qui a fait déborder le vase. Les membres de l’association, via des manifestations et des actions multiples, avaient alerté les autorités locales ainsi que des hauts responsables du pays. Jusque-là l’occupant actuel de la maison des Amrouche n’a reçu qu’un arrêt momentané adressé par le maire de la commune d’Ighil Ali qui est plutôt relatif aux travaux d’extension envisagés par l’actuel propriétaire. C’est ainsi que les membres de l’association se posent la question suivante : comment une propriété privée a-t-elle pu passer en un bien vacant pour qu’elle soit plus tard vendu à ce Monsieur ? D’autre part, l’occupant demande qu’on lui paie les frais de cette bâtisse, unique manière de la laisser à l’association. L’affaire est actuellement, selon les membres de ladite association, en phase d’enquête au niveau du ministère de la culture pour son probable classement comme patrimoine national. Créée en 1989, l’association Taos et Jean Amrouche du village d’Ighil Ali est actuellement considérée parmi les rares qui ont pu maintenir leur activité au fil des années, depuis sa création. Le fait qu’elle porte deux éminents noms de la culture algérienne lui donne une notoriété dépassant même les frontières du pays. Jean El Mouhoub Amrouche et Marie Louise Taos Amrouche sont les fils de la célèbre Fadhma Ath Mansour. De par leurs écrits littéraires, leur poésie et leurs chants profonds, ils marquent l’histoire de la Kabylie et de toute la nation. Digne d’une institution, le siège de ladite association abrite plusieurs ateliers de travail et de formation touchant principalement aux arts et à l’informatique. Une école fondée vers les années 90 par le Père blanc, M. Robert Du plan. Un homme de religion catholique très attaché au village d’Ighil Ali et à toute la Kabylie.
Connu pour ces contributions bénévoles et pour son amour pour la région, il quitta le pays suite au danger intégriste. Après une longue maladie, la mort a eu raison de lui le 24 mars de l’année dernière. Le temps est donc à la réconciliation entre les uns et les autres pour mettre fin à une polémique et à des débats stériles qui n’avaient que trop duré.
M. S.

