Le jumelage consiste à mettre dans une seule salle de classe, deux, voire trois divisions pédagogiques de niveaux différents.
Dans la circonscription rurale de Tifra, le jumelage des classes dans les écoles primaires a tendance à se généraliser. «Dès qu’une division pédagogique compte un effectif de moins de 10 élèves, elle est jumelée avec d’autres divisions pédagogiques. J’avoue ne pas trop savoir si c’est le Ministère de l’éducation, la fonction publique ou la direction de l’éducation qui ont imposé ce procédé préjudiciable pour l’apprenant», affirme un inspecteur de l’éducation de la circonscription. A titre d’exemple, notre interlocuteur cite le cas du primaire de Tifra, dont les élèves de 5 années ont été transférés dans un autre établissement. «C’était l’unique échappatoire pour ne pas avoir à nous retrouver avec trois divisions dans une même salle de classe», explique-t-il. Tout en relevant le caractère anti pédagogique de cette pratique, le directeur d’une école primaire de la région n’a pas manqué de monter en épingle les répercussions purement négatives que cela générera fatalement sur le cursus scolaire de l’enfant. «Enseigner deux classes en parallèle, c’est un non-sens, car il faut avant tout avoir deux fois plus de temps, ce qui est pratiquement impossible. Ensuite, il faut à l’instituteur de déployer des trésors d’ingéniosité et disposer d’un bagage intellectuel hors du commun ; tout cela pour dire que sa mission tient d’une gageure», dira-t-il. Notre interlocuteur relève par ailleurs, l’évolution à la baisse de la population scolaire dans l’ensemble des écoles primaires de la commune de Tifra. Il y voit une conjonction de facteurs, tel que l’exode rurale et la dénatalité comme étant à l’origine de cet état de fait. «C’est surtout la rançon de la démagogie et du défaut de prospective qui ont présidé à la construction de ces écoles», estime-t-il.
N. Maouche

