«Matoub Lounes, le combat éternel», documentaire du réalisateur Tahar Yami a été projeté avant-hier, en avant première à Tizi-ouzou.
Beaucoup d’émotion, et de nostalgie ont submergé avant-hier le petit théâtre de la maison de la culture Mouloud Mammeri qui a abrité l’avant première du documentaire «Matoub Lounes, le combat éternel» du réalisateur Tahar Yami. Un choix sur lequel a tablé le réalisateur, «j’ai voulu donner une dimension beaucoup plus émotionnelle à mon projet», expliquera Tahar Yami au cours du débat en fin de projection. Un pari que le réalisateur semble avoir gagné. En effet, plusieurs séquences ne manqueront pas de faire frissonner le public, notamment, les images de l’enterrement de Matoub, conjuguées à quelques unes des chansons bien nommées de l’artiste, traduites en français par Abderrezak Larbi Cherif. Le documentaire est une occasion de se replonger dans le passé vivre des séquences de la vie de Matoub, qu’il a vouée au combat, un combat de «chacun de nous», «qui reste éternel», dira le réalisateur. Ainsi, et en 26 minutes, Tahar Yami a tenté de reprendre l’essentiel de l’itinéraire de l’un des plus grands monuments de la chanson Kabyle. Partant de son assassinat en 1998, jusqu’aux hommages qui lui ont été rendus, notamment à l’étranger, en passant par les événements que la disparition du chantre a générés dans la région, en plus des événements du printemps noir, le documentaire regroupe des images marquantes que le réalisateur a pu rassembler auprès de la famille du chanteur, et de l’entreprise de télévision, où certaines «n’ont jamais été diffusées », tient-il à préciser. Dans son documentaire «Matoub Lounes le combat éternel», le réalisateur semble avoir fait l’impasse sur quelques événements qui ont marqué le parcours de Matoub Lounes, tel son enlèvement en 1994, et les tentatives d’assassinat dont il a été victime. Un point qui sera d’ailleurs soulevé à plusieurs reprise au cours du débat qui suivra la séance de projection. En plus d’une certaine frustration, car «on en voulait plus». Tahar Yami avouera que lui-même en a souffert, car : «26 minutes, ce n’est pas du tout suffisant pour dire tout ce qu’il y a à dire sur Matoub. C’était un personnage simple et complexe à la fois. Et le temps du documentaire m’a imposé des choix. J’ai essayé de me poser les bonnes questions, puis j’ai tenté d’y répondre à travers le documentaire». Il ajoutera : «Je ne prétends pas avoir fait des recherches exhaustives, mais j’espère que ce modeste travail ouvrira les portes à d’autres réalisations beaucoup plus approfondies. Chacune des œuvres de Matoub peut faire l’objet d’un film», dira le réalisateur. Le documentaire de 26 minutes s’achève sur «une note d’espoir» selon Tahar Yami, en 2004, à Bobigny, une place fut baptisée du nom du défunt. Par ailleurs, le producteur justifie le fait de commencer par la fin, c’est-à-dire la mort du chantre, par le fait que «sa disparition a été une renaissance, preuve en est, sa popularité qui s’est renforcée et qui continue à nos jours ». Ainsi, le documentaire dont le sujet n’est pas des moindres, mérite un compliment appuyé au réalisateur. Tahar Yami projette d’ailleurs d’accomplir une autre réalisation sur Matoub Lounes. Un travail «beaucoup plus important, afin de répondre aux attentes du public et d’explorer d’autres facette de Matoub Lounes».
T. Ch.

