Belkhadem, le début de la fin

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Un climat des plus tendus régnait hier matin au siège du FLN à Hydra sur les hauteurs d’Alger.

Et pour cause, la crise au sein du plus vieux parti, dont les rebonds et les répliques ne cessent d’entretenir l’anxiété la colère et le ressentiment des frondeurs, a fait naître une farouche volonté d’en finir avec le « règne sans partage » du secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, qui, lui, persiste à ignorer ce mouvement de contestation. C’est ainsi que nonobstant toutes les manœuvres sournoises d’empêcher la tenue de cette réunion, 220 membres du comité central, ont décidé hier, à l’issue d’une réunion tenue dans la cour du siège (les bureaux étaient sciemment cadenassés), de retirer leur confiance au secrétaire général du parti ainsi qu’à son bureau politique. Les motifs invoqués par les contestataires se résument, selon Mohamed Bourzane qui a donné lecture du communiqué sont « une réponse à la grande préoccupation et à l’inquiétude grandissante des militants, des cadres et des sympathisants du parti quant aux pratiques irresponsables et aux violations flagrantes des statuts du parti et des résolutions du Comité central par le Secrétaire général et son Bureau politique ». C’est pourquoi, forts de leurs troupes, un communiqué des frondeurs, a fait savoir que ces derniers demandent expressément à Belkhadem de convoquer une réunion «extraordinaire» du comité central (CC) dans «les plus brefs délais». Les nouveaux redresseurs du FLN, avertissent Belkhadem que s’il refuse de s’exécuter, une nouvelle réunion sera convoquée pour «désigner une nouvelle direction politique pour la gestion des affaires du parti».

Plus que ça, dans le chapitre des griefs retenus contre Belkhadem, l’on peut aussi apprendre qu’il est tenu pour seul responsable de l’élaboration des listes « sur la base du népotisme, des allégations et de l’influence de l’argent, lesquels ont suscité des foyers d’anarchie et de division dans les rangs du parti ». Par ailleurs, si de leur coté les membres du bureau politique ont fait savoir que Belkhadem « n’a reçu aucune demande » pour la tenue d’une session extraordinaire du parti et que seul ce dernier est en mesure de convoquer des réunions du C.C, un autre son de cloche, émanant cette fois –ci de Boudjemaa Haichour qui dit : « Aujourd’hui nous avons tenu avec les membres du CC signataires, une réunion durant laquelle a été lue une déclaration politique avec une exigence de retrait de confiance au secrétaire général. Nous considérons que les signataires sont ceux qui ont appelé à la tenue d’une session extraordinaire du CC conformément à l’article 37 des statuts du parti qui stipule que la convocation d’une session extraordinaire est faite soit par le secrétaire général, soit par les 2/3 des membres du CC. On est en nombre suffisant.» Enfin, dans le même communiqué il est fait également appel à une participation pour la réussite des prochaines élections législatives, en vue de préserver le leadership du parti et du courant patriotique, sans le Secrétaire général actuel et son Bureau politique qui ont perdu leur légitimité et leur crédibilité ».

Ferhat Zafane

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