Les nombreux villages de la daïra de Maâtkas sont plongés dans un marasme sans égal. Dépassant la soixantaine, ces derniers qui totalisent plus de 50 000 âmes pour les deux municipalités (Maâtkas et Souk El Tenine), manquent de tout.
A commencer par les espaces culturels et sportifs qui manquent cruellement aux jeunes. Aucun village ne dispose d’une maison de jeunes ou de stade. C’est dire que les jeunes sont livrés sur un plateau d’argent à l’oisiveté. «Les municipalités n’ont pas suffisamment d’argent», disent les élus. Des centaines de foyers ne sont pas raccordés au réseau électrique, des milliers d’autres ne sont tout simplement pas raccordés au réseau … de l’assainissement. A Maâtkas, à titre illustratif, le taux de couverture dans ce domaine n’est selon les déclarations des responsables que de prés de 40%. A Souk El Tenine, nous avons au moins recensé des dizaines de foyers non raccordés au réseau. Les villageois de Sidi Ali Moussa en savent quelque chose. Les rejets à ciel ouvert et les fosses septiques sont l’unique solution pour de nombreuses familles. Les maladies à transmission hydriques peuvent à tout moment provoquer le malheur de ces familles. Quant à la pollution et au coup porté à l’environnement, peu de gens s’en soucient. Sur un autre registre à savoir celui du réseau routier, le constat n’est pas du tout reluisant. Des Kilomètres de routes ne sont jamais revêtus à ce jour. Quant aux axes qui ont connu ce genre d’opération, leur état aujourd’hui est déplorable surtout après les dernières intempéries et le passage des entreprises en charge de la réalisation du réseau de gaz naturel. D’Aït Aissi Ouziane à Bouhamdoun en passant par Berkouka et Maâtkas basse d’une part, et du chef-lieu communal de Maâtkas vers Souk El Tenine jusqu’à Tighilt Mahmoud, d’autre part, les routes sont pour la plupart défoncées. Pour ce qui est de la téléphonie fixe, une autre commodité importante de nos jours, hormis les deux chefs-lieux et leur périphérie, aucun autre village n’en dispose. Pour se connecter à Internet les villageois n’ont d’autre choix que de descendre au chef-lieu. Sachant que certains villages sont trop éloignés, il devient compréhensible que les amoureux du monde virtuel et de l’Internet n’ont accès à cette commodité que rarement. Concernant le gaz naturel, les travaux sont entamés mais l’achèvement du réseau et la mise en service attendront sûrement plusieurs mois, voire des années car bon nombre de villages sont omis. Le secteur sanitaire avec la polyclinique de Souk El Tenine, le centre de santé de Maâtkas et les quelques salles de soin répartis sur les villages et que l’on peut facilement compter sur le bout des doigts, ne prodiguent que les soins les plus élémentaires. Certes, les autorités locales de Souk El Tenine, nous ont annoncé que la daïra vient de bénéficier d’un important projet d’hôpital qui sera implanté à Fekrane. Mais l’entame des travaux attend toujours. C’est dire que le rêve d’un hôpital dans la localité n’est pas pour demain. Le chômage quant à lui concerne toutes les couches sociales et malmène des milliers de jeunes diplômés. On finit par vite se rendre compte qu’aucun secteur ne se porte bien dans la daïra de Maâtkas, hormis peut-être celui de l’éducation.
Hocine T.

