Le siège de la Daïra de Beni Yenni et les bureaux des services de l’urbanisme et ceux du logement et des équipements publics (SLEP) ont été investis, durant la journée d’avant hier, par des dizaines de citoyens en colère, venus de la commune Iboudrarène pour protester contre les « lourdeurs bureaucratiques et les blocages des dossiers de l’habitat rural et en particulier les dossiers concernant la construction en surélévation ». Les contestataires, après avoir fermé de force, tous les services administratifs et techniques de la daïra de Beni Yenni, ont exigé des « solutions concrètes et immédiates », en ironisant : « Les réunions, les discussions et les promesses nous ont été servies depuis plus de trois ans ». Des représentants de la DLEP de Tizi-Ouzou ont été « dépêchés » par leur tutelle pour apaiser la situation et, à défaut de pouvoir apporter des solutions aux doléances des citoyens, les transmettre à qui de droit. Mais cela n’a pas convaincu les protestataires qui ont accusé l’administration locale de toutes les tares, en lui imputant ces « retards délibérés et ces blocages abusifs». Ces citoyens en colère ont crié leur soif d’une solution qui les « libérerait de cette situation de blocage », car certains de leurs dossiers traînent depuis 2009. Pour les contestataires, visiblement plus éclairés que les responsables chargés du dossier de l’habitat rural, les mesures « d’allègements », concernant les constructions rurales en surélévation et qui ont été préconisées par le ministère de l’habitat et de l’urbanisme dans le cadre de l’instruction n° 956/SPM/MHU/DGUA du 13 novembre 2010 relative à «la construction rurale adaptée à la zone de montagne» pour faire avancer le programme de l’habitat rural dans la wilaya de Tizi-Ouzou qui souffre d’absence de terrains de construction et où les propriétés familiales sont toujours dans l’indivision, ne doivent pas s’appliquer « aux anciens dossiers, dont les bénéficiaires ont déjà établi leurs certificats de possession, ont leurs décisions, et pour beaucoup, ont signé leurs cahiers des charges avec la CNL ». Ces mesures dérogatoires pour la wilaya de Tizi-Ouzou, et récemment étendues à la wilaya de Béjaïa, ont été confirmées par le wali de Tizi-Ouzou, en vertu de la note n° 2393/DLEP/2011 portant « Modalités de traitement des demandes d’aides pour l’habitat rural ». Malheureusement, leurs interprétations n’ont pas été les mêmes par les différents intervenants dans ce dossier de l’habitat rural à travers l’administration de la wilaya de Tizi-Ouzou et ses démembrements au niveau local. Après d’intenses échanges verbaux qui ont failli, à certains moments, connaître des dérapages, tant les contestataires ont « atteint les limites de la patience face aux dettes qu’ils ont contractées et qu’ils ne peuvent plus honorer parce que l’administration les a floués », la raison a fini par prendre le dessus, et sur intervention du P/APC d’Iboudrarène, qui s’est déplacé sur les lieux, les citoyens contestataires ont accepté de « s’asseoir autour d’une table » avec le chef de la daïra et les représentants de la DLEP, lesquels, en présence de M. Akli Ben Medjber, élu à l’APW, ont pris un certain nombre d’engagements à même de « liquider » certains dossiers « litigieux ». Il s’agit notamment des dossiers dont les bénéficiaires ont déjà souscrit aux cahiers des charges, des dossiers dont les certificats de possession ont été établis antérieurement à la note ministérielle exigeant la « copropriété » et surtout, faisant passer les dossiers de surélévation dont les bénéficiaires ont reçu des « autorisations » de la part d’une tierce personne autre que le père ou la mère, comme l’exige la note ministérielle, qui n’a pas pris en compte le fait que certains bénéficiaires n’ont pas de mère ni de père pour leur faire une donation ou une autorisation. « Si l’on me rendait mes parents, c’est moi qui leur donnerais ces 70 millions », avait déclaré un bénéficiaire que son frère a autorisé à construire sur sa propre bâtisse. Enfin, après avoir pris connaissance de ces engagements consignés par écrit dans un PV, les contestataires ont libéré les lieux avec l’espoir de voir ce « dossier » définitivement réglé et avec « la détermination de poursuivre l’action en la radicalisant davantage si ces engagements n’étaient pas respectés», ont-ils averti.
Nassim. Zerrouki
