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«Ici parking !», une activité qui prolifère

Il n’y a quasiment pas une artère carrossable à Bouira où, si toutefois vous décidez d’y garer votre véhicule, vous n’êtes pas apostrophé par un jeune vous signalant à travers vitre et avant même de fermer votre moteur : «Rani h’na!». Cette phrase minimale vous informe que vous pouvez partir tranquillement et que votre véhicule est surveillé moyennant plus ou moins 20 dinars. Il faut dire que le jeune autoproclamé gardien de «parking» se prend au sérieux comme le ferait tout autre salarié chargé de mener à bien sa tâche. Même la forme y est : une sacoche lui donnant les allures d’un employé communal et, le plus souvent, un gourdin pour signifier qu’il veille d’une manière musclée sur votre autoradio. L’artère la plus prisée par les «gardiens de parkings» est de loin celle qui longe l’ancienne gare routière et le marché couvert où l’on arrive de partout pour faire ses courses. Là les jeunes gardiens chargés de la sécurité automobile semblent mieux organisés qu’ailleurs. Comme l’artère s’étend sur près de 500 mètres et surtout ne désemplit pas de véhicules, elle attire beaucoup de jeunes. Le consensus est dès lors dégagé pour segmenter la voie, de sorte à permettre au plus grand nombre d’entre eux de prendre en charge un fragment du bitume. Chaque fragment est «géré» par généralement deux jeunes : un pour accueillir les nouveaux véhicules qui y stationnent, l’autre pour encaisser auprès des automobilistes qui s’apprêtent à partir. Le gardiennage devient largement plus lucratif, le samedi, jour de marché hebdomadaire, surtout depuis l’avènement du week-end universel faisant du samedi une journée fériée et, par voie de conséquence, encore plus de monde et plus d’automobiles à faire le bonheur des «gardiens de parkings». Ce «gardiennage», apparu il y a quelques années, a vite fait beaucoup d’émules parmi les jeunes chômeurs que l’école venait fraîchement, pour la plupart, d’orienter vers la vie active. Le temps passant, le phénomène s’est fixé dans les mœurs à tel point qu’il ne suscite aucune inquiétude et semble être toléré par l’autorité censée faire la chasse au parasitage. Un laxisme qui a donc participé à la prolifération de «ici parking !».

S. O. A

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