La maison de jeunes revit

Il est 19 h, une foule immense composée en majorité de jeunes se déverse au portail de la maison de jeunes de Seddouk en ce jeudi soir, malgré une pluie intermitente, c’est le premier gala de ce mois de Ramadhan. En tête d’affiche, un artiste que le public connaît bien, Zahir Agaoua, un enfant de la localité qui sait jouer de la guitare, accompagné de Mérouane, un jeune qui chante aussi bien le style moderne, le chaâbi, le folklore kabyle que le raï. A l’intérieur, la salle de spectacle est pleine à craquer, même si le tarif d’entrée fixé à 80 DA est jugé excessif par les jeunes, dont la plupart sont étudiants ou au chômage. La maison de jeunes reçoit encore du monde qu’elle a du mal à contenir, d’autant plus qu’on se bouscule encore au portail d’entrée alors que les villageois des contrées de la commune, que la grisaille du temps ne dissuade pas affluent par petits groupes, en voitures ou à pied. Le spectacle en vaut la peine et ce n’est pas tous les jours, toutes les semaines du mois de Ramadhan ou parfois à l’occasion des cérémonies commémoratives qu’on agrémente et évidemment pas souvent, de soirées artistiques, les autres jours, ordinaires pour ainsi dire, on oublie même que cette jeunesse à besoin de divertissements. Voilà les raisons qui ont fait que quant une manifestation visant le défoulement des jeunes est programmée, les organisateurs n’ont plus besoin de l’annoncer en grande pompe par voie d’affichage ou autre, la rue se charge de colporter l’événement et la nouvelle se propage rapidement de bouche à oreille, telle une traînée de poudre. Dans la salle, tout allait mieux pour Zahir d’un air heureux d’avoir retrouvé ses fans qui ne se font pas prié pour lui signifier qu’ils sont là, en reprenant en chœur une grande partie de ses chansons qu’ils connaissent par cœur. Quant le chanteur se retire pour quelques minutes de repos, des voix s’élèvent de toute la salle pour lui réclamer un retour rapide sur scène. A ce moment, c’est Merouane qui prend la relève, le temps d’une chanson pour bercer tout ce beau monde et rappeler aux spectateurs qu’il y a plus talentueux que son prédécesseur et une voix anonyme déchire le silence de la salle pour avertir les présents qu’il ne seront pas déçus : « C’est un grand chanteur, vous allez voir ! »Une ambiance chaleureuse plane sur la salle et Merouane est comblé de joie d’avoir conquis un public qui ne voulait pas le lacher d’ailleurs même pour un interlude de 5 min. Cette adhésion du public rassure le jeune chanteur qui excelle dans un hymne à l’amour qui fera vibrer plus d’un à un rythme qui ne s’est pas affaiblit. Deux heures durant, le public ne s’est prononcé que par des applaudissements saluant çà et là les performances du jeune artiste.

L. Beddar