Saïd Boulifa revisité à Tizi-Ouzou

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Illustre archéologue, linguiste mais aussi sociologue et pédagogue, Si Amar Saïd Boulifa a été évoqué deux jours durantà Tizi-Ouzou, à travers un colloque qui s’est tenu hier et avant-hier à la Maison de la culture.

Le colloque a été initié par l’association Issegh de Souama en collaboration avec la direction de la culture de Tizi-Ouzou et l’APC de Souama. Il s’agit en fait de la troisième édition de cette rencontre organisée afin de sortir de leur mise en veilleuse la vie et l’œuvre de Boulifa lequel, il est vrai, est resté méconnu au sein de la nouvelle génération. Pourtant, l’enfant de Adeni, dans la daïra de Larbaâ Nath Irathen, village qui l’a vu naitre en 1861, a été derrière plusieurs découvertes archéologiques en Kabylie. Il fut également le premier Algérien à élaborer des méthodes d’enseignement de tamazight en publiant, en 1897, son livre intitulé «Une première année de la langue kabyle». L’enseignement de la langue amazighe a également été évoqué dans «Mémoire sur l’enseignement des indigènes de l’Algérie» paru la même année. En 1904, il édita son recueil de poésie kabyle. C’est dire que ce personnage a fait bien des choses pour la langue amazighe, pour ne pas à rester anonyme auprès de la jeunesse kabyle, qui le découvre ainsi petit à petit à travers cette belle et louable initiative prise par l’association Issegh de Souama. Hier, deuxième jour du colloque, ils étaient en effet nombreux à venir assister aux différentes conférences au menu de cette évocation. «J’avoue que je ne le connaissais pas avant. J’en ai juste entendu parler ; son nom ne m’était pas étranger, mais de là à dire que je savais ce qu’il était, ça serait vous mentir», dira un jeune lycéen, rencontré en marge d’une conférence, donnée au niveau du petit théâtre de la maison de la culture. Celui-ci ainsi que les autres jeunes et moins jeunes présents, qui ont suivi attentivement les intervenants, ont découvert à titre d’exemple que Boulifa fut surtout un archéologue infatigable. Selon une communication de Jean Pierre Laposte – qui n’est autre qu’un spécialiste en archéologie kabyle-, envoyée pour lecture lors du colloque auquel il n’a pu participer, Boulifa a été derrière plusieurs découvertes archéologiques en Kabylie. Une Kabylie qu’il a sillonnée, selon la même communication, de bout en bout. Boulifa a découvert, indique Laporte, la pierre gravée du col de Toukha à Yakouren, la grotte d’Ifigha, la 2e stèle de Souama, celle de Yaskeren dans la région d’Azeffoun… pour ne citer que celles-ci. Par ailleurs et à travers d’autres conférences et l’affiche même mise à disposition par les organisateurs de la manifestation, l’on a su que Boulifa qui fut instituteur avant de prendre sa retraite en 1929, fut également un fin sociologue. Boulifa mourut en 1931 en laissant derrière lui une assez riche bibliographie, tant littéraire, poétique qu’archéologique. Cela dit, le lieu de son enterrement demeure un mystère, puisque selon le prospectus distribué par les organisateurs, il n’ ya aucune trace dans les registres des deux cimetières (musulman et chrétien) de Bab El Oued, où il est censé être enterré en 1931.

M. O. B.

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