Aït Yahia Moussa 11e anniversaire de l’assassinat de Chaibet Hocine – La population s’en souvient

Comme chaque année depuis maintenant une dizaine d’années, l’association Les Amis de Krim Belkacem d’Aït Yahia Moussa ne rate jamais l’occasion de commémorer l’assassinat il y a onze ans du jeune collégien Chaibet Hocine âgé alors de quinze ans, atteint par balles tirées par les gardescommunaux, un certain samedi 28 avril 2001.

Pour cette année encore, cette association a concocté un programme riche et varié dominé surtout par des recueillements, des expositions et un tournoi de football. Celui-ci a été lancé au début du mois d’avril avec les tours éliminatoires. Et c’est avant-hier dans l’après-midi que les deux équipes finalistes à savoir Ath Attella et Ighil El Vir ont joué. Le dernier mot est revenu aux jeunes d’Ighil El Vir qui ont infligé une sévère correction à leurs homologues d’Ath Attella par le score de quatre buts à un. Peu après, ce sont les vétérans du reste de la commune d’Aït Yahia Moussa qui ont battu les vétérans d’Iâllalen Ces deux rencontres footballistiques ont été jouées au stade communal en présence d’un grand public. Dans la matinée, il y a eu un recueillement sur la tombe du martyr Chaibet Hocine au cimetière de Tizra Aissa en présence des villageois, de la famille de Hocine, du directeur du CEM d’Iâlallen, du président de l’association Tighri et bien sûr des jeunes d’Aït Yahia Moussa qui ont observé une minute de silence à sa mémoire et celle des tous les martyrs du Printemps noir. Sous un soleil de plomb, tour à tour, les invités ont pris la parole pour évoquer ce jeune assassiné à la fleur de l’âge. Hier, un autre recueillement a eu lieu au piédestal de la stèle érigée en sa mémoire au chef-lieu d’Aït Yahia Moussa suivi de prises de paroles et une remise des prix à tous les participants et aux organisateurs. Des coupes, des tenues et des diplômes ont été décernés aux vainqueurs et aux vaincus des différentes rencontres de football et aux trios d’arbitres. Pour rappel, la famille de Chaibet n’a pas admis ni la peine infligée aux auteurs du crime (une peine de deux ans fermes à l’encontre du principal auteur lors du procès qui avait eu lieu l’an dernier au tribunal de Draâ El-Mizan et l’acquittement des trois autres) et encore moins la manière avec laquelle avait été menée l’enquête au sujet de ce cas. “Nous avions demandé à ce que le procès se fasse devant la cour criminelle et non la cour correctionnelle. Notre demande n’a pas été respectée. C’est simplement un procès bâclé», nous avait déclaré son frère Amar juste après que le verdict eut été prononcé.

Amar Ouramdane