La réforme de l’école, que tout le monde a appelé de ses vœux, est entrée sur le terrain d’application, dans le primaire et le moyen. Cette année, elle a même atteint la première année secondaire. Et qui dit réforme, dit nouveaux programmes et nouveaux manuels. Il est certain qu’il faut toujours une phase d’adaptation, aussi bien pour les enseignants que pour les élèves, pour s’habituer à la nouvelle situation. ll appartient aux pédagogues et aux encadreurs, notamment les inspecteurs, d’expliquer les nouveaux programmes, d’écIaircir les démarches, en un mot, d’installer les réflexes qui rendent l’enseignement plus performant et, pourquoi pas, plus attrayant. Mais voilà que dans certaines disciplines — nous citerons principalement les langues — les enseignants sont livrés à eux-mêmes. Le nouveau manuel de français, par exemple, propose une nouvelle approche des textes et de l’enseignement de la langue, sans que cette approche ne soit expliquée : il y a bien, une sorte d’avant-propos, résumant les phases de l’apprentissage, mais il est rédigé de façon si obscure, avec une terminologie si compliquée, que les enseignants ne comprennent rien ou presque. ll semble c’est du moins ce que nous ont révélé des professeurs — que même les inspecteurs, ne sont pas en mesure d’apporter les éclaircissements nécessaires. Le « guide pédagogique » censé éclairer tout le monde n’est pas disponible. Résultat : on cafouille, on bafouille, et beaucoup, faute de mieux… retournent aux manuels et aux méthodes précédentes qui, si elles ne sont pas efficaces, ont l’avantage d’être cIaires. La réforme, c’est beau, encore faut-il l’expliquer et surtout aplanir les difficultés qu’elle engendre
S. Aït Larba
