“Notre décision est sourveraine !”

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«Barakat !» (Ça suffit !). C’est en ces termes qu’Ali Laskri, premier secrétaire du FFS, visiblement très irrité par les multiples attaques dont fait l’objet son parti depuis l’annonce de sa participation aux prochaines législatives, s’en est pris aux détracteurs de sa formation politique et de son chef historique, Hocine Aït Ahmed.

S’exprimant lors d’un meeting électoral, hier à la Maison de la culture Ali Zamoum de Bouira, devant une assistance moyenne, Laskri a été très critique à l’égard de tous ceux qui accusent le parti d’avoir négocié des quotas à la future assemblée, avec le pouvoir en place. Pour le premier secrétaire du parti d’Ait Ahmed, l’on a de tout temps tenté de déstabiliser le FFS, mais là on assiste carrément à autre chose. « On veut détruire tous les repères de la société », a-t-il précisé. Revenant sur le choix de son parti de participer aux élections législatives, le conférencier dira que cette participation est une nécessité tactique et demeure l’unique chemin pour construire la paix, la démocratie et l’Etat de droit. Pour le premier secrétaire du FFS, la décision du parti est souveraine et sa participation a été tranchée après moult consultations, notamment avec la base militante, les personnalités politiques, les militants des droits de l’homme, les syndicats autonomes et les associations. Evoquant un contexte régional qu’il qualifiera de fragile, M Laskri a déclaré que notre pays n’est pas l’abri de ce qui se produit en Libye, en mettant en garde contre toute forme de violence. Une violence pour laquelle il dira qu’Aït Ahmed avait déjà mis en garde dans les années 90. Pour l’orateur, éviter un scénario à la libyenne, passerai par l’investissement de tous et la mobilisation du peuple. Un message que le FFS tente de faire passer partout à travers le pays. Dénonçant la faillite de tout un système, qu’il a qualifié « d’affaibli et de fragile », l’hôte de Bouira a plaidé pour la réhabilitation de la politique, des valeurs démocratiques et des droits de l’homme. Pour Ali Laskri, le FFS œuvre dans le sens d’instaurer un Etat de droit garantissant la prospérité et un développement durable. Déplorant la politique visant à instaurer le régionalisme, le tribalisme et la division, le conférencier dira que son parti « œuvre pour un contrat national et démocratique, à même de réunir toutes les forces vives de la nation ». Interpellé par un jeune qui s’interrogeait sur le programme économique du parti, le premier secrétaire du FFS a expliqué que son parti lutte pour une « économie sociale du marché garantissant une justice et une protection sociale ». Pour lui, il faudrait que l’Etat songe à investir les 150 milliards de dollars placés à l’étranger, dans l’agriculture et ce, afin de garantir la sécurité alimentaire du pays. Apostrophé de nouveau par un jeune au sujet du chômage, Ali Laskri a rétorqué qu’au FFS, on ne distribue ni logement, ni encore moins de l’eau, mais le parti peut apprendre aux jeunes à militer pour arracher leur liberté et leurs droits.

A Boumerdès, où il s’est rendu dans l’après-midi, faisant comme à l’accoutumé un constat sur la situation du pays, Ali Laskri, qui est tête de liste dans cette wilaya, dira que le pouvoir « n’a géré jusque-là les affaires publiques que par la force», c’est pourquoi, a-t-il ajouté « l’homme, en Algérie, ne jouit pas de ses libertés et droits fondamentaux, alors que la Révolution l’à libéré du colonialisme en 1962 ».

L’orateur a, par la suite, réaffirmé le soutien du FFS aux syndicats et aux organisations de défense des droits de l’homme, quelque soit leurs tendances politiques. Comme preuve, a-t-il clamé « nous sommes actuellement mobilisés pour soutenir Abdelkader Kherba et d’autres personnes victimes d’abus du pouvoir administratifs à Khemis El Khechna».

D. M. et Salim Haddou

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