Aït Houari, deux épiceries et puis… c’est tout !

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Le village Aït Houari, dans la commune d’Assi Youcef, souffre d’une multitude de problèmes, accentués par son enclavement, à cause des routes qui se trouvent dans un état de dégradation avancé. µ

Situé au pied de la montagne de Djurdjura, à quelque 3 Km du chef-lieu communal Aït Hidja, le village n’a pratiquement bénéficié selon les habitants, d’aucun projet de développement. A part deux ou trois petites épiceries d’alimentation générale, Aït Houari est privé de la moindre infrastructure : ni centre de soins, ni école, ni téléphone, encore moins un lieu culturel ou de loisir pour la masse juvénile. Tandis que les ruelles étroites n’ont jamais connu d’aménagement. Elles sont poussiéreuses en été et boueuses en hiver. Le village ne dispose même pas d’un réseau AEP opérationnel, de sorte que pour s’approvisionner en eau potable, les femmes sont contraintes de faire la chaîne devant les quelques robinets prévus à cet effet, et faire ainsi des va-et-vient avec les jerricans sur le dos. «En été lorsque l’eau se fait rare dans ces robinets collectifs, les femmes sont obligées de faire plusieurs allers-retours jusqu’à la source Thaburt Laïnçar, située entre deux cavités de la montagne. Nous le disons haut et fort, notre village a été marginalisé aucun projet de développement communal ne nous a été réservé depuis des décennies et les autorités locales continuent de faire la sourde oreille à toutes nos revendications», affirme-t-on. S’agissant du réseau d’assainissement, il a été réalisé l’an dernier, grâce à l’opération de volontariat des villageois. «L’APC n’a mis à notre disposition que les buses, tous les travaux ont été réalisés par nos propres moyens», soutiennent-ils. Quant aux transporteurs publics, ils n’acceptent jamais de grimper la pente de 3 Km qui sépare le village du chef-lieu, à cause de l’impraticabilité de la route, aussi, les vieux qui s’aventurent à descendre du village vers le chef-lieu communal ou à Boghni, pour la moindre commission, doivent faire le trajet du retour à pied. «Cela me fait mal au cœur de laisser les vieux faire les 3 Km à pied pour rejoindre leur village, mais Allah ghaleb, mon fourgon ne tiendrait pas un mois, vu l’état de la route», assure un transporteur.

S. Laouari

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