Assassinat d’un pharmacien dans des conditions confuses

Dans la nuit de lundi à mardi, aux environs de 21 h 30 min Mohamed Bachedi, un citoyen âgé de 42 ans, pharmacien de profession et résidant au village Aït-Saïd (Mizrana), a trouvé la mort, sur la RN 72, à 3 km de Tigzirt, victime d’une fusillade alors qu’il été à bord de son véhicule, en compagnie de son neveu. Mohamed Bachedi est propriétaire d’une pharmacie dans la ville de Tigzirt. Il avait pour habitude, de faire le soir le trajet de son village vers Tigzirt, et ouvrir après le f’tour sa pharmacie. Lundi dernier, il était 19 heures environs, quand Mohamed à bord d’une voiture de marque 206, de couleur blanche et en compagnie de son neveu Karim, qui travaille dans cette pharmacie a pris le chemin vers Tigzirt. La route était calme et plusieurs voitures ainsi que des véhicules de transport se sont déplacés à Tigzirt, pour passer une soirée entre amis. Aux environs de 21 heures, l’on signale qu’un groupe terroriste a fait son apparition, au lieu dit « Taseft Amrane » dans la commune de Mizrana, près de 10 km de la ville de Tigzirt. Le groupuscule terroriste a délesté un passager de son véhicule de marque 404 camionnette, avant de le changer, par un autre véhicule de type fourgon, qu’ils ont confisqué à un autre citoyen. Vers 21 h 20 min, Mohamed, démarre de Tigzirt avec son neveu, et se dirige vers son domicile. A 3 km sur la RN 72, à l’intersection qui mène vers le chef-lieu de Mizrana, la voiture du pharmacien a essuyé des coups de feu, venus l’on ne sait d’où qui ont pénétré, le parebrise arrière et l’une des balles a atteint Mohamed en plein cœur. La voiture, a continué son chemin sur une trentaine de mètre avant de s’immobiliser sur un talus au bord de cette route communale. Selon le témoignage de trois citoyens, qui étaient à bord d’une seconde voiture, et qui devancait celle de la victime d’une centaine de mètres, et qui avaient entendu les rafales. « Nous avons entendu deux rafales, court et entrecoupées », nous disent les témoins. Karim, qui accompagnait la victime, nous dit le soir même à la polyclinique de Tigzirt, qu’il n’ont « rien vu d’anormal sur leur route avant d’essuyer les tirs » et de continuer « quelques temps après la fusillade, j’ai essayé d’appeler au secours à l’aide de mon portable mais je n’y arrivais pas, sur place, j’ai constaté que mon oncle était décédé. Plus tard, un groupe composé de militaires et de policiers (BMPJ) est arrivé à notre véhicule. Ils cherchent à savoir si nous étions blessés ou pas » et d’enchaîner en tremblant : « Ils nous ont dit ce sont des terroriste qui vous ont tiré dessus ». Le corps de la victime a été transféré la nuit même vers le CHU de Tizi Ouzou, pour autopsie. La nouvelle a vite fait le tour de la région, les services de sécurité ont immédiatement ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes, dans lesquelles ce citoyen innocent a été assassiné. Dans son village natal et dans toute la région, la population a sombré dans la colère et l’incompréhension. « Où on va avec ces événements qui s’enchaînent et s’acharnent contre nous », fulmine un habitant d’Aït Saïd, excédé et choqué par la triste nouvelle. Et comme un malheur ne vient jamais seul, quelques minutes après l’assassinat de Mohamed, sa grand-mère est décédée, des suites d’une maladie. Celà a plongé la famille et les proches de la victime dans un état de choc indescriptible. Mohamed était connu comme étant un homme difficile à qualifier. Il était d’une conduite exemplaire. Aimé et respecté de tous. Il regroupait en lui la qualité d’un homme humble, compétent, généreux et serviable. Sa disparition est tombée telle un couperet que ses proches et ceux qui l’ont connu ont du mal à accepter.

Mourad Hammami