Ce que craignaient le plus les agriculteurs en cette période, s’est manifesté avec force sous forme d’une série d’orages qui se sont abattus sur la région de M’Chedallah dans la nuit de samedi, pour se succéder par intermittence durant toute la journée de dimanche.
Des pluies qui ont franchi la barre des 50mm avec des répercussions négatives pour ne pas dire désastreuses sur plusieurs filières de l’agriculture.
A commencer par la fenaison dont la campagne bat son plein, les forages fauchés non encore ramassés au même titre que ceux bottelés et non encore mis à l’abri risquent la moisissure sinon perdre de leur qualité. L’avoine notamment qui est fragile et très sensible est l’espèce la plus semée cette année dans la région, se chiffrant par centaines d’hectares si l’on inclus les vastes étendues de la vallée de la Soummam à l’est, et les plateaux de Bechloul et El Asnam à l’ouest, qui sont aussi touchées par ces importants orages. Le même constat est valable aussi pour la prochaine récolte d’olive qui reste l’un des créneaux dominants et qui constitue la première richesse pour les vallées du Sahel et de la Soummam. L’olivier qui est actuellement à sa phase de floraison et d’éclosion risque aussi d’être atteint de plein fouet par ces pluies qui déclencheront le processus de pourrissement des fleurs. Ne seraient épargnées que les oliveraies dont les grains d’olives ont déjà commencé à se former en fonction du climat de chaque région et du taux d’humidité. Le créneau de l’élevage d’ovins subira sa part des dommages collatéraux de ces pluies que personne ne souhaite en ce moment précis sachant que la campagne de tonte tire à sa fin. Les bêtes débarrassées de leur toison risquent d’attraper froid d’autant plus que ces subites perturbations atmosphériques ont été accompagnées d’une baisse sensible des températures qui ont chuté d’un seul coup de 30 à 10°. Une vague de froid inattendue, les plus fragiles des brebis récemment tondues s’en sortiront avec des grippes voir même des bronchites. Les céréales tel que le blé dur, celui tendre (farine) ou l’orge arrivés à maturité courent le même risque de moisissure et de perte de la qualité tant pour les grains que la paille. La seule récolte qui occupe aussi d’importantes surfaces des terrains agricoles des plaines de M’Chedallah et qui n’encourt aucun risque suite aux chutes de pluie est la pomme de terre qui arrive à maturité dans quelques semaines, selon quelques exploitants qui restent sereins suite à ce brusque changement climatique. Ils se font rassurants et affirmatifs : il n’y aurait aucune incidence négative sur la récolte, du moins pour cette fois. Sur un autre volet, ces orages à l’origine de ruissellements ont touché même l’AEP à partir des infiltrations de ces ruissellements qui charrient toutes sortes d’impuretés qui se sont mélangées à l’eau potable au niveau des réseaux et ouvrages d’AEP, que la vétusté a transformé en véritables passoires. Un fait que les citoyens ont pu vérifier dans leurs robinets dont le débit a changé de couleur, immédiatement après le passage des orages.
En attendant d’évaluer les dégâts qui ne commenceront à s’afficher qu’avec le retour du beau temps, les agriculteurs n’ont qu’un seul souhait, que ces orages ne se manifestent pas de nouveau dans les jours à venir, sachant que durant cette période de mai à la mi-juillet, chaque averse de pluie provoquerait son lot de dégâts sur l’agriculture. Cela en plus de retarder la campagne de ramassage de plusieurs espèces de récoltes, dont les céréales et les maraîchères en plus de provoquer du retard vu que chaque chute de pluie ferait cesser toute activité dans les champs pour un minimum de 3 jours.
Soit le temps que tout soit essuyé les récoltes comme la surface du sol pour permettre aux machines agricoles de se déplacer de nouveau à travers les champs.
Oulaid Soualah

