Le chancre du chômage prend des allures inquiétantes dans la région d’El Kseur.
D’après de nombreux témoignages concordants, toutes les tranches d’âges sont plus au mois confrontées au manque de travail et à l’absence de perspective professionnelle. C’est que l’investissement créateur d’emploi est dans l’incapacité d’absorber le flux, sans cesse croissant, de nouveaux jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi.
On nous signale que, nécessité faisant loi, de nombreux diplômés se font enrôler dans les chantiers en occupant des postes moins qualifiés et ingrats. «J’ai remué ciel et terre en faisant intervenir des connaissances pour m’aider à trouver un job en adéquation avec mon profil de formation, hélas, sans résultat», lâche sur une pointe d’amertume, un jeune licencié en sciences humaines, au chômage depuis plus de deux ans. Dans l’attente d’un improbable travail à la mesure de ses espérances, notre jeune chômeur affirme ne pas vouloir se résigner dans l’indolence : «Il faut assurément faire feu de tout bois pour gérer cette traversée du désert, faute de quoi, c’est le naufrage assuré», affirme-t-il, sur un ton stoïque et résolu. Abondant dans le même sens, un autre diplômé embauché avec un CDD, dira qu’« il est nettement plus profitable et valorisant d’être sur un poste de travail précaire et sous qualifié que d’avoir à chaparder ou à tendre la sébile pour survivre». D’autre part, bien des jeunes d’El Kseur soutiennent avoir vainement tenté de s’extraire de la quadrature du cercle par le biais de la création de micro entreprises, dans le cadre du dispositif Ansej-Cnac-Angem. D’aucuns nous expliquent que si leurs démarches ont débouché sur un flop, c’est en grande partie en raison d’une bureaucratie tentaculaire, qui a encore la vie dure et le souffle long. «Sinon comment comprendre, s’insurge un infortuné souscripteur, qu’un dossier aussi solide et complet que le mien, n’ait pas trouvé grâce aux yeux de la banque, qui refuse de le financer». A se fier à ce demandeur d’emploi, nombre de postulants comme lui se sont battu avec l’énergie du désespoir, avec comme fil conducteur, l’idée de donner corps à leurs projets. Mais c’était peine perdue, car devant les écueils rédhibitoires qui ont jalonné le parcours de leurs démarches, ils ont fini par se résoudre à abandonner la partie.
N. M.

