Les communes de la daïra de M’Chedallah se débattent avec leurs déchets ménagers qu’elles n’arrivent à recaser qu’en jouant aux squatteurs d’espaces nus sachant qu’aucune des six communes n’est arrivée à dégager un terrain répondant aux normes exigées en la matière.
Cependant, les deux communes qui éprouvent le plus de difficultés pour se débarrasser de ces déchets, étant les plus importantes sur le plan population donc grandes productrices d’ordures ménagères, sont Aghbalou et M’Chedallah. Pour la première citée, son chef-lieu de commune, Takerboust en l’occurrence, et ses nombreux villages souffrent également des déchets assez embarrassants. Les problèmes de la commune d’Aghbalou se sont aggravés depuis 2011 lorsqu’elle a été sommée de délocaliser sa décharge aménagée à proximité d’Aïn Zebda en bordures de la RN15. Un espace appartenant au PND et après que des citoyens se sont fermement opposés à la nouvelle décharge qui est, en fait, un CET à proximité de Selloum, les éboueurs de cette commune ont été épinglés par la gendarmerie en flagrant délai de déchargement illicite au niveau du ruisseau Assif Levaâl, l’été passé. L’équipe a essayé de se débarrasser dans ces lieux de son encombrant chargement après avoir été empêchée par les citoyens de Saharidj d’accéder à la décharge d’Aâchaivou. Décharge qui est, elle aussi, illicite étant aménagée sur un terrain appartenant aux services des forêts. De plus, cette décharge publique de Saharidj a été implantée entre deux cimetières dont elle partage les limites, le plus récent est de statut communal, l’autre datant de l’ère turque, récemment découvert et appartenant à la tribu Ath Salah, qui s’est empressée de le clôturer. Pour toutes ces raisons énumérées, cette décharge de Saharidj est appelée à être délocalisée et le plus tôt serait le mieux. La commune de M’Chedallah est la deuxième plus importantes productrice de déchets ménagers à cause de son importante démographie. En plus d’être le chef-lieu de daïra, cette commune abrite les deux Aârchs d’Iwakouren (Raffour) et d’Imchedallen. Ses responsables qui croyaient, il y a une année, avoir enfin résolu cette contrainte majeure grâce à la mise en disposition d’un terrain dans la commune d’Ahnif, ont buté aux oppositions des citoyens de cette commune qui refusent la réalisation de la décharge. De ce fait, les déchets sont de retour à l’ancienne décharge située à proximité de la base de vie des Chinois en bordure d’Assif N’Sahel. Un dépotoir de fortune qui continue de polluer les nappes phréatiques sur lesquelles ont été réalisées plusieurs forages servant à l’AEP d’une partie de M’Chedallah, une autre d’Ahnif et Ath Mansour. Sans parler de la méthode d’incération des monticules d’ordures en indisposant sérieusement les résidents de la Cité la gare du carrefour d’Ahnif que ne sépare que le lit d’oued. Cette cité se retrouve enveloppée d’une fumée ocre à chaque mise à feu, en plus de la puanteur qui monte des lieux jusqu’à l’intérieur des maisons. Un état de fait qui a fait réagir ces citadins à maintes reprises, ce qui revient à conclure que cette décharge doit être obligatoirement délocalisée. Pour aller où ? Les gestionnaires de la chose publique donnent l’impression d’être à court d’initiatives. La commune de Chorfa également se débarrasse de ses ordures dans le lit d’Assif N’Sahel au lieudit Thaghzouth. Mais, là aussi c’est un provisoire qui ne peut durer. Notons enfin qu’il y a bien eu une tentative de création d’une décharge intercommunale après qu’un terrain soit dégagé dans la commune d’Ahnif, un projet reconverti par la suite en centre d’enfouissement technique (CET). Le dossier était sur le point d’aboutir avant que ne tombe une autre opposition de propriétaires de terrains riverains. Le P/APC d’Ahnif nous apprendra que les négociations sont toujours en cours avec les opposants pour trouver un terrain d’entente. Rappelons pour conclure que même le secteur sanitaire de M’Chedallah, l’EPH comme l’EPSP se débat avec les déchets spéciaux provenant des services hémodialyse, maternité et du bloc opératoire depuis l’arrêt de l’incinérateur. Un arrêt forcé en premier lieu pour une panne des brûleurs. Les riverains de cette institution ont aussi émis une opposition à sa remise en marche à travers une pétition comportant des dizaines de signatures. Ils s’insurgent contre les odeurs nauséabondes qui s’échappent de la cheminée de cet équipement vétuste qui a été d’ailleurs réformé par une commission de wilaya depuis plus d’une année. Les responsables de ce secteur peinent à trouver un terrain adéquat pour la réalisation d’un nouveau et plus qu’indispensable incinérateur.
Oulaid Soualah

