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Tabou se révolte contre sa direction…

Ce n’était plus un secret, il n’était plus en odeur de sainteté avec l’actuelle direction de son parti, et son absence, tout au long de la dernière campagne, était un signe qui ne pouvait tromper.

Karim Tabou, l’ex premier secrétaire national du FFS, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est, en effet, sorti de son mutisme à travers une déclaration, rendue public avant-hier, où il dit « tout le bien » qu’il pensait de l’actuelle direction de sa formation et la nouvelle orientation qu’elle s’est donnée. C’est une déclaration des plus virulente, digne de celle d’un véritable adversaire politique du parti. Karim Tabou s’est véritablement « éclaté », laissant libre cours à tout ce qu’il avait sur le cœur. Ne se contentant pas de descendre en flamme l’actuelle direction nationale du parti. Tabou, pourtant élu à l’APN sur la liste de sa formation à Tizi-Ouzou, est allé plus loin en accusant sa propre formation politique d’avoir accepté la fraude qui a émaillé selon lui, les législatives du 10 mai dernier. «Le FFS aurait marqué l’histoire politique de ce pays, s’il avait refusé de prendre les sièges qui lui ont été attribués en dehors du suffrage universel », peut-on lire en substance dans sa déclaration. Plus grave encore, Tabou estime tout simplement qu’« à l’exception des sièges objets de recours sérieux et fondés, à Boumerdés et à Constantine, le reste n’est que bonus ». Autrement dit, et selon Tabou, parmi les sièges dont a bénéficié le FFS, après les recours, quatre aurait été tout bonnement offerts par le pouvoir. Pour Tabou, le FFS aurait marchandé avec le pouvoir pour bénéficier de ces sièges. Sinon, il s’est attaqué à la direction nationale qui adopte, selon lui, « une attitude de mépris et de menaces, à l’encontre des militants qui ont le courage de soulever des interrogations politiques ». Pour l’ex premier secrétaire nationale du FFS, « le malaise n’est pas réductible à un simple mécontentement de cadres mal (ou non) placés sur les listes électorale, il s’agit bel et bien d’une dérive politique d’une direction qui s’est rendue complice du pouvoir en place ». Karim Tabou accuse, plus loin, son parti d’être resté « confiné dans son silence» face aux « graves irrégularités, aux dépassements et, parfois même, aux bourrages des urnes » lors de la dernière élection. Une élection qui l’a pourtant porté à la députation. C’est là où réside, en fait, l’intrigue. Karim Tabou a, vraisemblablement, oublié qu’il a lui même cautionné ces élections, lui qui était deuxième sur la liste à Tizi-Ouzou. Continuant son réquisitoire, comme si de rien n’était, Tabou dira « au lendemain de la validation de la fraude par le Conseil constitutionnel, la direction du FFS, au lieu de dénoncer les marchandages et les arrangements du sérail, n’a pas trouvé mieux que d’exprimer sa totale satisfaction ». La crise au sein du FFS s’amplifie de jour en jour et cette sortie de Tabou semble encore réconforter les dernières sorties des militants qui désapprouvent la direction. Le moins que l’on puisse dire, en somme, c’est que rien ne va plus dans la maison du plus vieux parti d’opposition. Surtout avec les sanctions qui viennent d’être prononcées en réaction à cette brulante sortie de Tabou, notamment à l’encontre de ce dernier qui vient d’être suspendu de toute activités au nom et au sein du parti. Tout comme Samir Bouakouir qui vient de se faire signifier, lui aussi, sa fin de mission en tant que représentant du parti à l’étranger. Pour d’aucuns “la purification” du parti a commencé.

M.O.B

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